Au cinéma

Au cinéma : «Big Eyes»

Après « Dark Shadows » et « Frankenweenie » en 2012, le réalisateur de « Edward aux mains d’argent », Tim Burton, nous livre « Big Eyes ». Le long-métrage est signé par Larry Karaszewski et Scott Alexander, déjà scénaristes sur « Ed Wood » réalisé par Tim Burton. Amy Adams et Christoph Waltz interprètent les rôles principaux. L’actrice reçue d’ailleurs le Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie ou une comédie musicale. « Big Eyes » sortait dans nos salles françaises le 18 mars 2014.

Synopsis : À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énifmatiques tableaux représentant des enfants malheurs aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret.

Une deuxième fois après « Ed Wood » en 1995, les scénaristes Larry Karaszewski et Scott Alexander retournent à la forme du biopic avec « Big Eyes ». Dans la forme, cela reste un biopic assez standard dans le sens où l’on traverse la vie et l’œuvre de Margaret Keane de manière chronologique et par l’intermédiaire d’une voix-off, qui se trouve être en dehors de l’action et consciente du futur. Rien de bien extraordinaire, donc. Cependant, encore une fois comme « Ed Wood », le sens de l’histoire prend une toute autre ampleur lorsqu’on l’a superpose à la vie du réalisateur Tim Burton. À un moment dans l’intrigue, un critique parle du « chef-d’œuvre » de Keane comme d’une aberration, une association basique de tout ce que l’artiste a peint avant. Il ne serait pas insensé de faire le rapprochement avec les dernières œuvres du réalisateur, vu par la critique comme un pêle-mêle de ces œuvres passées.

Dans ce sens, on peut voir les deux personnages principaux du long-métrage, Walter et Margaret Keane, comme deux personnalités de Tim Burton. En effet, Margaret, seule artiste dans cette histoire, est forcée par Walter à peindre ses œuvres de manière automatique. Ce sentiment est renforcé par la transformation d’œuvres uniques en affiches et autres cartes postales. On peut alors voir, le personnage de Walter comme un double du réalisateur, dont les intentions sont ordonnées par une recherche de productivité rentable. À l’inverse, celui de Margaret reste l’artiste caché dans l’ombre, qui n’a soif que d’art et de créativité, mais qui se trouve entraver par l’autre. Ce qui est encore plus intéressant, c’est la dualité entre ces deux protagonistes où la figure du business-man l’emporte toujours. À dire que « Big Eyes » est le cri de Tim Burton afin de prouver au monde qu’il est capable de faire ce qu’il souhaite et non ce qu’on attend de lui : il n’y a qu’un pas …

N.B. : Amy Adams et Christoph Waltz sont très bons dans leur rôle, la première en retrait et le deuxième dans l’extravagance.

Justement, ne serait-ce que d’un point de vue purement visuelle, « Big Eyes » se détache dans la filmographie de Tim Burton. Les couleurs sont pétantes, la lumière toujours rayonnante, offrant un aspect pictural de circonstance au long-métrage. Cet élément amène presque un rendu factice à l’ensemble, emprisonnant les personnages dans un cadre, et parfaitement assimilé par la direction photographique de Bruno Delbonnel. En soit, la réalisation de Tim Burton ne cherche jamais l’excellence dans la technique mais davantage dans la composition des cadres, jouant énormément sur les profondeurs et les échelles de plans. On peut regretter le manque d’inspiration de la composition musicale de Danny Elfman, pourtant éternel compère du réalisateur. Malgré cela, le long-métrage reste une œuvre intrigante où, Tim Burton parle de lui-même au travers des autres et où sa direction artistique reste fidèle à lui-même, tout en prenant un virage à 180°.

« Big Eyes » est un long-métrage en apparence futile et vain, mais qui cache une profonde réflexion du réalisateur sur lui-même, où Amy Adams et Christoph Waltz incarent deux facettes de ce dernier. « Big Eyes » et « Ed Wood » pourrait former un bien joli diptyque dans la filmographie de Tim Burton.

021020

Big Eyes. De Tim Burton. Avec Amy Adams, Christoph Waltz, Danny Huston, Krysten Ritter, Jason Schwartzman, Terence Stamp, Jon Polito, James Saito, …

Sortie le 18 mars 2015.

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