Au cinéma

Au cinéma : «The Voices»

Après « Persepolis » et « Poulet aux prunes », la réalisatrice Marjane Satrapi nous livre « The Voices ». Michael R. Perry, connu pour son travail d’écriture sur les séries « Dead Zone » ou « The River », signe le scénario. Ryan Reynolds interprète le personnage principal, tandis que Gemma Arterton, Anna Kendrick et Jacki Weaver apportent une touche féminine au casting. Le long-métrage reçu le prix du jury et le prix du public au Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2015. « The Voices » sort dans nos salles françaises le 11 mars 2015.

Synopsis : Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, Mr. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle qu’il apprécie de plus en plus Fiona, la délicieuse anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire, du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments …

Le scénario de « The Voices », écrit par Michael R. Perry, est un véritable mélange de genres. D’un côté, le long-métrage emprunte une ambiance et des procédés issus des films d’horreur. De l’autre, un comique déroutant est appuyé par un décalage avec les actions commises par le personnage principal, Jerry, où le chat et le chien, doués de parole, en sont les principaux vecteurs. Le mélange de ces deux genres, créant une sorte de comédie joyeusement horrifique, fonctionne correctement durant toute la durée de « The Voices ». Là où le film est intelligent, c’est qu’il ne porte jamais de réel jugement sur les meurtres de ces femmes par Jerry, arrivant à amener de l’empathie pour le personnage, par le biais de sa défiance mentale. Cependant, en aucun cas, le long-métrage profite de cela pour créer une morale, qui aurait été lourde, à propos de son trouble mental. Au contraire, « The Voices » s’en éloigne à plusieurs reprises, afin de privilégier l’humour, véritable atout de l’intrigue.

Dans le rôle du personnage principal, asociale, dérangé et légèrement simplet, on retrouve Ryan Reynolds. L’acteur en profite pour jouer de son image hollywoodienne de benêt, en nous prouvant qu’il sait rire de lui-même, tout en livrant une interprétation mémorable. Grâce à des mimiques, presque absurdes, et des absences de réaction, il créée un personnage attendrissant, au sort malheureux. À ses côtés, Gemma Arterton et Anna Kendrick incarnent deux facettes de féminité : l’une sensuelle au possible et l’autre plus réservée, servant un comique de situations face aux attitudes de Ryan Reynolds en face d’elles. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas les acteurs humains qui marquent l’esprit mais bien les deux animaux présents à l’écran : le chat et le chien. Ce sont sûrement l’une des meilleures idées de « The Voices » : faire traverser les pensées positives et négatives à travers deux animaux de compagnies, aux caractères bien trempés.

Du côté de la réalisation, Marjane Satrapi s’amuse, à l’image du scénario, dans les mélanges des genres entre horreur et comédie, appuyant des touches de couleurs suivant le tempérament des différentes scènes. Une véritable identité visuelle se dégage dès les premières minutes de « The Voices », facilitant l’entrée du spectateur dans cet univers à la fois réaliste et loufoque. De plus, la réalisatrice traite admirablement bien le hors-champ, lui permettant de ne jamais glisser dans le film d’horreur trop douloureux dans ces images. Ce procédé contribue au décalage recherché durant tout le long-métrage, et perpétré par le montage, où les rebondissements sont poussés en dérision. La bande-originale et la soundtrack vont également dans ce sens. Au final, après le visionnage de « The Voices », le spectateur se retrouvera dans un esprit de bien-être étrange et d’amusement total où l’unique envie sera de chanter « a happy song » … Miaou to that.

« The Voices » est un film d’horreur joyeusement drôle, ou l’inverse. Grâce à la performance de Ryan Reynolds, des personnages du chien et du chat, ainsi qu’à l’esthétique du long-métrage, le spectateur ne peut que se laisser entraîner, avec joie, dans cette histoire macabre de meurtres en série.

450206

The Voices. De Marjane Satrapi. Avec Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick, Jacki Weaver, Ella Smith, Gulliver McGrath, …

Sortie le 11 mars 2015.

Publicités

2 réflexions sur “Au cinéma : «The Voices»

  1. Pingback: Rencontre : Marjane Satrapi, réalisatrice de «The Voices» | Ma Semaine Cinema

  2. Pingback: Top & Flop 2015 : Le bilan de l’année | Ma Semaine Cinema

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s