Au cinéma

Au cinéma : «Inherent Vice»

Après « The Master », Paul Thomas Anderson, réalisateur de « Boogie Nights » ou encore « There will be blood », nous livre « Inherent Vice ». Il s’agit de l’adaptation du roman homonyme de Thomas Pynchon, où le cinéaste signe lui-même le scénario. Joaquin Phoenix, déjà à l’affiche de « The Master » interprète le personnage principal, aux côtés de Josh Brolin, Owen Wilson ou encore de la jeune Katherine Waterston. « Inherent Vice » sortait dans nos salles françaises le 4 mars 2015.

Synopsis : L’ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu’elle est tombée amoureuse d’un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l’épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire …

« Inherent Vice » possède de quoi déconcerter au premier visionnage. En effet, la ligne directrice du long-métrage, la disparition d’un riche homme d’affaires, s’égare dans ses rebondissements, tout en perdant le spectateur par le biais d’un trop plein de personnages et d’informations. Cependant, cet enlisement scénaristique offre la possibilité au long-métrage d’amener le spectateur vers un état d’incompréhension proche de celui du personnage principal, Doc, qui consomme drogue sur drogue durant toute la durée de « Inherent Vice ». L’atout principal de cette production se révèle : privilégier les rencontres des personnages entre eux et les péripéties de Doc plutôt qu’une quelconque intrigue policière. C’est alors que l’on pourrait rapprocher le travail d’écriture de Paul Thomas Anderson à celui de Hunter S. Thompson, auteur de « Las Vegas Parano » et « Rhum Express », tous deux adaptés au cinéma, où l’aventure est plus importante que sa résolution.

Le rapprochement avec l’œuvre de Hunter S. Thompson passe également par l’écriture des personnages, caractérisés en très peu de temps grâce à des tempéraments et personnalités fortes. Le personnage de Doc, interprété avec talent par Joaquin Phoenix, est brillant dans son écriture avec son aspect maniéré, amenant un comique de bon goût et où l’acteur puise son inspiration dans les grandes figures du cinéma muet. À ses côtés, Josh Brolin est tout bonnement incroyable dans ce personnage de policier aux traits marqués et à l’allure impressionnante, donnant l’impression qu’il serait capable de tout exploser dans la seconde. Owen Wilson, Reese Witherspoon, Benecio Del Toro ou encore Martin Short livrent tous des interprétations réussies où un véritable personnage est créée et assimilé par le spectateur en quelques secondes. Grâce à cela, la valse de personnages orchestrée par « Inherent Vice » ne peut que fonctionner à la perfection.

Derrière la caméra, Paul Thomas Anderson livre, une réalisation soignée où chaque mouvement de caméra et cadre n’est jamais pensé en vain. Une esthétique toute particulière émane du long-métrage, apportant une poésie inattendue à l’ensemble. À l’image, cette poésie se traduit par des teintes soit très colorées, comme la séquence du Ouija, soit presque fantomatiques et hallucinatoires, lors de prises de drogues. La réalisation jongle sur deux penchants. Le premier permet à la caméra de capter l’essence d’une scène en minimisant les coupures, ainsi que grâce à des mouvements de caméra se rapprochant au plus près des personnages. Le deuxième est son exact inverse, et c’est ici que le réalisateur s’amuse avec des effets et rythme les séquences grâce à un montage rapide. « Inherent Vice » est construit comme une consommation de drogue : une défonce propre et rapide, laissant place à de longs moments de réflexion, planant au dessus de l’intrigue.

« Inherent Vice » est un long-métrage à l’esthétique parfaitement en adéquation avec son propos. Ne se reposant pas sur son intrigue policière, Paul Thomas Anderson entraîne le spectateur dans les aventures rocambolesques du personnage principal, où Joaquin Phoenix brille de talent.

Inherent-Vice-affiche

Inherent Vice. De Paul Thomas Anderson. Avec Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Benicio Del Toro, Reese Witherspoon, Katherine Waterston, Martin Short, Jena Malone, Owen Wilson, Maya Rudolph, …

Sortie le 4 mars 2015.

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Une réflexion sur “Au cinéma : «Inherent Vice»

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