Au cinéma

Au cinéma : «En mai, fais ce qu’il te plaît»

Après « Joyeux Noël » et « L’affaire Farewell », Christian Carion nous livre sa nouvelle réalisation : « En mai, fais ce qu’il te plaît ». Olivier Gourmet, récemment à l’affiche de « L’odeur de la mandarine », et August Diehl, aperçu dans « Inglourious Basterds », tiennent les rôles principaux. Mathilde Seigner, Alice Isaaz et Matthew Rhys complètent le casting. Christian Carion, Laure Irmann et Andrew Bampfield signent le scénario, d’après des faits réels. « En mai, fais ce qu’il te plaît » sortait dans nos salles françaises le 4 novembre 2015.

Synopsis : Mai 1940. Pour fuir l’invasion allemande, les habitants d’un petit village du nord de la France partent sur les routes, comme des millions de Français. Ils emmènent avec eux, dans cet exode, un enfant allemand, dont le père opposant au régime nazi est emprisonné à Arras pour avoir menti sur sa nationalité. Libéré dans le chaos, celui-ci se lance à la recherche de son fils …

« En mai, fais ce qu’il te plaît » est un nouveau long-métrage aux intentions plus qu’honorables, voulant traiter d’un pan de l’Histoire, tout en créant une histoire populaire et aux bons sentiments. Dans le fond, cet exode des villageois peut se révéler comme une formidable trame dramatique. Néanmoins, le scénario de Christian Carion, Laure Irmann et Andrew Bampfield se fourvoie dans la multiplication de point de vue, et notamment dans celle de ce père recherchant son fils. L’alternance entre les deux groupes de personnages ne fonctionne pas suffisamment pour justifier ce tandem, qui, au final, ne sert qu’à alourdir l’histoire. On en vient même à penser si cette production n’aurait pas gagné à être une œuvre documentaire, plutôt qu’une fiction, dans laquelle elle aurait pu davantage s’approfondir et éviter un pathos trop lourd, par la même occasion … « En mai, fais ce qu’il te plaît » n’est qu’un long-métrage historique de plus, sans réel parti-pris.

Dans l’un des rôles principaux, on découvre l’acteur allemand August Diehl. Malheureusement pour lui, en plus d’interprétation conventionnelle, son personnage est sûrement la cause de l’un des plus gros défauts de « En mais, fais ce qu’il te plaît » : un pathos et des bons sentiments qui sonnent faux. À ses côtés, Olivier Gourmet révèle, lui aussi, un personnage très formaté, où son évolution sera grossière et jamas correctement amenée. Mathilde Seigner, qui interprète la femme du personnage de Olivier Gourmet, est agaçante dans un rôle toujours en sur-jeu dans ses intentions. Là encore, l’ensemble sonne désastreusement faux. Néanmoins, dans cette palette de protagonistes, « En mai, fais ce qu’il te plaît » aurait pu trouver un point d’ancrage dès plus intéressant avec ce cinéaste nazi, créant une propagande pour le IIIème Reich. Malheuresement, il ne restera qu’un personnage d’arrière plan, alors qu’il aurait dû être l’axe principal de cette production …

À la réalisation, Christian Carion réitère les mêmes procédés que dans ses précédentes réalisations. Le réalisateur français fait dans « l’efficace », au détriment de « l’artistique », sûrement dans une réflexion où le fond prendrait le dessus sur la forme. Ce qui, bien entendu, n’arrive jamais. « En mai, fais ce qu’il te plaît » manque cruellement d’un regard de cinéaste, d’un réel parti pris. Encore une fois, Christian Carion livre une mise en scène démonstrative, à la limite de la pédagogie. La bande-originale de Ennio Morricone est certes assez réussie, principalement dans ses moments forts d’envolées, mais devient, bien trop vite, répétitives. La direction photographique prône un naturel, qui, là encore, démontre ce manque de choix artistique. « En mai, fais ce qu’il te plaît » n’est pas foncièrement mauvais en soit, il s’agit juste d’un autre long-métrage sur fond historique, qui oublie l’une des caractéristiques principales d’une œuvre cinématographique : sa forme.

« En mai, fais ce qu’il te plaît » est un long-métrage bien trop sage dans ses intentions, où un pathos de mauvais goût n’aide pas l’ensemble. Les acteurs patinent dans des personnages sans relief, tandis que la réalisation de Christian Carion manque d’âme créative.

affiche-du-film-carion

En mai, fais ce qu’il te plaît. De Christian Carion. Avec Olivier Gourmet, August Diehl, Mathilde Seigner, Alice Isaaz, Matthew Rhys, Joshio Marlon, Thomas Schmauser, Laurent Gerra, …

Sortie le 4 novembre 2015.

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