Au cinéma

Au cinéma : «Les deux amis»

Pour sa première réalisation, Louis Garrel nous livre « Les deux amis ». Vincent Macaigne, révélé grâce à ses rôles dans « La fille du 14 juillet », « La bataille de Solférino » ou encore « Tonnerre », Louis Garrel, dernièrement à l’affiche de « Saint-Laurent », ainsi que Golshifteh Farahani, connue pour ses rôles dans « Mensonges d’Etat », « À propos d’Elly » et « My swet pepperland », tiennent les rôles principaux. Louis Garrel et Christophe Honoré signent le scénario, d’après l’oeuvre théâtrale « Les caprices de Marianne » de Alfred de Musset. « Les deux amis » sortait dans nos salles françaises le 23 septembre 2015.

Synopsis : Clément, figurant de cinéma, est fou amoureux de Mona, vendeuse dans une sandwicherie de la gare du Nord. Mais Mona a un secret, qui la rend, insaisissable. Quand Clément désespère d’obtenir ses faveurs, son seul et meilleur ami, Abel, vient l’aider. Ensemble, les deux amis se lancent dans la conquête de Mona.

Avec « Les deux amis », les scénaristes, Louis Garrel et Christophe Honoré, revisitent avec, fougue et passion, le triangle amoureux au cinéma. Bien loin d’être extrêmement original dans ses propos, sa finesse et ses intentions suffisent au long-métrage, afin que celui-ci fonctionne de manière assez brillante. De même, il est intéressant de voir à quel point le long-métrage ne tangue jamais réellement vers le drame, et jamais réellement vers la comédie, préférant être des deux bords à la fois. « Les deux amis » est également clairement influencé par les cinéastes de la Nouvelle Vague. On ressent ces effluves d’influence lors des séquences de dialogues, brillamment écrites, où des questionnements sur la vie et ces aléas sont émis. Grâce à ce scénario, appuyant son aspect intimiste, cette production se révèle extrêmement touchante, là où des personnages ne s’y prêteraient pas forcément. « Les deux amis » reflète intelligemment l’amère douceur de la vie.

Dans les rôles principaux, on retrouve Louis Garrel et Vincent Macaigne. Les deux acteurs forment un duo comico-tragique, où le premier serait un clown blanc, tandis que le deuxième jouerait le rôle de l’auguste. Louis Garrel est extrêmement talentueux, surtout lorsqu’il s’agit d’incarner un personnage antipathique. De même, il arrive à créer une deuxième personnalité, plus touchante, derrière la première, sorte de façade de lui-même. Vincent Macaigne, petit ourson barbu, surprend par la gentillesse et la naïveté qui se dégagent de son personnage. À la fois solide et fragile, le jeune acteur n’hésite pas à jouer de ce contraste, afin de créer un personnage profondément vrai. À leurs côtés, Golshifteh Farahani illumine chaque plan où elle apparaît. Souvent mystérieuse et brutale, l’actrice bouleverse jusqu’à son propre corps (magnifique moment de danse) et construit le portrait d’une femme qui cherche à aller de l’avant, dans un monde où, pourtant, tout l’en n’empêche.

À la réalisation, Louis Garrel livre quelques prouesses remarquables pour un premier long-métrage. La plupart des plans, qui composent cette œuvre, sont parfaitement travaillés, jouant énormément avec la luminosité présente dans ces derniers. De même, lorsque la caméra du jeune cinéaste suit ces personnages dans leur déambulation, une infinie douceur est palpable. La séquence de la danse dans le bar du personnage de Golshifteh Farahani en est sûrement le plus bel exemple. La composition musicale de Philippe Sarde sert admirablement le long-métrage, n’allant jamais vers un pathos de mauvais goût. De manière plus globale, on peut aisément rapprocher la mise en scène de Louis Garrel de celle des réalisateurs de la Nouvelle Vague, dont l’inspiration pour « Les deux amis » est flagrante. Néanmoins, le long-métrage ne tangue jamais vers le pastiche facile, mais essaye de canaliser à la fois : lueur passée et modernité, à l’image de son ultime plan.

« Les deux amis » est une première réalisation à la fougue et à la nostalgie impressionnantes. Alors que le postulat de base n’est pas exceptionnel en soit, Louis Garrel le transforme en formidable triangle amoureux, où les trois acteurs principaux livrent des interprétations avec talent et beauté.

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Les deux amis. De Louis Garrel. Avec Vincent Macaigne, Louis Garrel, Golshifteh Farahani, Rachid Hami, Michelle Goddet, Aymeline Valade, Pierre Maillet, Laurent Laffargue, …

Sortie le 23 septembre 2015.

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Une réflexion sur “Au cinéma : «Les deux amis»

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