Revue de presse

Revue de presse #11 : Juillet/Août 2015

L’été se termine tout doucement, mais vous avez encore le temps de lire sur le cinéma ! Alors voici un petit passage en revue des papiers qui m’ont marqué ces deux derniers mois. Pas beaucoup de print dans cette revue de presse : je n’ai malheureusement pas lu ni acheté beaucoup de magazines cet été. Par contre, j’ai eu le temps de me promener sur la toile, et de dénicher quelques articles très intéressants.

Je ne peux pas ne pas commencer par ZE événement de la planète pop culture en juillet, le Comic-con de San Diego. Des lignes et des lignes ont été écrites sur le sujet, et je suis sûre que vous en avez tous eu au moins un échantillon. Mais un article a retenu mon attention : le récap du panel Star Wars : The Force Awakens par Philippe Guedj pour dailymars.net est vraiment excellent. Il rappelle le peu de nouveautés apprises pendant ce panel, avant d’en raconter les différents moments. Honnêtement, son récap’ m’a presque autant émue que le « Behind the scene » lui-même : il a parfaitement su décrire ce qui fait que ce montage est réussi pour tout fan de Star Wars (que celui qui n’a pas versé une larme etc…). Sa conclusion me semble particulièrement juste :

Le Réveil de la Force sera-t-il une déception ? Peut-être, les pronostics sont d’ailleurs plutôt contre lui au vu du CV trop “mécanique” d’Abrams. Mais on a malgré tout envie d’y croire, un montage comme celui de San Diego donne envie d’y croire, il nourrit notre espoir, notre besoin de rêve et d’enchantement dans une période aussi sombre et absurdement violente. Et même si le résultat n’est pas à la hauteur des attentes, hé bien…. chérissons d’autant plus les précieux moments que nous auront fait vivre Anaheim et San Diego, et que nous offrent ces trois minutes trente d’émotion douce, aussi diaboliquement bien pensées soient-elles. The Force is with us. Always.

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Sur Star Wars, L’Obs a fait un dossier spécial dans son numéro de la semaine du août. J’avoue qu’il m’a laissée perplexe. Le ton de l’article principal était extrêmement condescendant envers les fans, et en même temps l’auteur analysait plutôt bien les mécanismes du succès de la saga (mais rien de nouveau, on sait déjà pourquoi on aime Star Wars). Quelques incohérences ont d’ailleurs été allègrement relevées sur Twitter (non, Han n’a jamais eu de sabre laser), tout comme le mépris que l’on ressent à la lecture de l’article. Bref, vous y apprendrez peut-être des choses si vous en savez peu sur l’histoire du « phénomène » Star Wars, mais sinon, l’article de Daily Mars vaut dix fois plus le détour.

Tant qu’on en est aux blockbusters, je voulais évoquer l’excellent article de Mad Movies, « La riposte anti-Marvel ». DC et Warner se sont lancés, avec les prochaines sorties de Batman vs Superman et de Suicide Squad, et des annonces de films jusqu’à l’an 3000, dans la bataille du comic-book movie. Le MCU (Marvel Cinematic Universe, pour les néophytes) a déjà bien de l’avance : c’est simple, le film de super-héros est aujourd’hui quasi-indissociable de Marvel. Et si DC Comics s’est bien lancé à la télé, son passif cinématographique n’est pas glorieux -les Batman de Nolan et les premiers Superman mis à part, entendons-nous bien. Mais Laurent Duroche semble penser que DC a ses chances, ou qu’en tout cas la bataille sera splendide !

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Son point de départ est assez simple. Marvel a parfaitement réussi sa stratégie cinématographique. Mais la formule gagnante se retourne aujourd’hui contre les studios : on assiste à une certaine standardisation. Par ailleurs, avec les films et les séries, les valeurs traditionnelles de DC (personnages plus grands que nature) et de Marvel (héros plus proche de nos préoccupations quotidiennes ou sociétales) sont peu à peu inversées : qui arrive vraiment à s’identifier à Iron Man, par exemple ? Avengers 2, typiquement, était loin d’être « proche du quotidien ». De son côté, DC Entertainment (puisque c’est comme ça qu’il faut dire désormais) se lance aussi dans des univers partagés. Serait-il en train de se marveliser ? A priori non, dit le journaliste : DC n’utilise pas les mêmes armes. Je vous laisse découvrir l’article, il est vraiment très bien fait et passionnant. Et puis ça change un peu de l’éternel « DC n’arrivera jamais à la cheville de Marvel au cinéma » que l’on entend habituellement sur le sujet.

Je lis beaucoup Slate.fr, et les papiers qui portent sur le cinéma sont souvent très pertinents. J’en ai retenu deux notamment, sur des sujets très différents, à ceci près qu’ils traitent tous deux du fonctionnement du cinéma hollywoodien.

Le premier revient sur les commentaires pourris que l’on a pu voir sur Twitter, à propos de Michael B. Jordan dans le rôle Johnny Storm, alias la Torche humaine, dans le reboot des 4 Fantastiques. Je n’ai pas vu les films, ni la performance de cet acteur, William et Douglas vous en parleront mieux que moi. Mais ces critiques sur « le choix d’un acteur noir dans un rôle de blanc » m’ont paru ridicule et surtout profondément représentative du racisme qui règne toujours dans le cinéma hollywoodien (et pas que de la part des studios, comme on le voit ici). Voilà pourquoi la mise au point de Slate.fr, « Le Blackwashing n’existe pas » est essentielle. Thomas Messias revient sur les raisons qui font que si le whitewashing (le fait d’utiliser un acteur ou une actrice blanc-he dans le rôle d’un-e personnage racisé-e) est une pratique malheureusement répandue et problématique, et participe à l’invisibilisation des acteurs non-blancs, le blackwashing n’est pas une réalité : les personnages noir-e-s sont déjà sous-représent-é-e-s au cinéma, et employer des acteurs-trices noir-e-s, c’est juste leur donner de la visibilité. L’argument du blackwashing a d’autant moins de fondement qu’il s’agit d’un personnage de comic, et que ce type de personnage a toujours eu toutes sortes de facettes : le super-héros est par essence un masque. Ce masque cache une identité, qui peut être diverse (on pensera ainsi à Miles Morales, qui reprend le masque de Spiderman). La tendance générale à Hollywood, et à peu près partout, est de considérer le blanc comme la couleur « normale » : souhaiter inverser cette logique n’est pas invisibiliser les blancs, qu’on se le dise.

Deuxième article, plus léger, sur Pixar, et « le secret [de ses] histoires ». Stephan Vladimir Buhaj, qui a longtemps travaillé pour Pixar, a publié 22 règles du studio pour écrire des histoires. Cependant, dit Gilles Juan, ces anecdotes et autres « trucs » d’auteur ne sont pas le plus important. La vraie technique de Pixar pour faire des histoires originales et variées, c’est la stratégie du milking : on épuise au maximum le peu d’idées que l’on a (car non, ce n’est pas un brainstorming avec toutes les idées possibles), pour ne conserver que l’essentiel. Et l’essentiel, bien souvent, est ordinaire. C’est ainsi que Pixar fait des films qui parlent à tous, où chacun trouve ses repères. L’article est très bien fait, puisque son auteur analyse les différentes thématiques que l’on retrouve dans les films sous cet angle, leur simplicité, tout en montrant comment les studios arrivent à épuiser toutes les possibilités d’un objet, d’un moment, d’un thème -l’exemple donné de Wall-E est très pertinent. Si vous aimez ces films et/ou savoir comment les auteurs travaillent, cet article est à lire très vite !

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Je parlais de Star Wars et du Comic-Con plus haut, je ne peux pas faire une revue de presse de l’été sans évoquer Christopher Lee. L’Écran fantastique lui offre un très bel hommage sous forme d’un panorama de ses 10 rôles les plus marquants. Dracula, Dooku et Saroumane sont bien sûr au rendez-vous, mais aussi des rôles que l’on connaît parfois moins, mais que l’article rend tout aussi, voire plus, intéressant et intriguants. Vous aurez sûrement envie de voir la moitié de ces films (si comme moi vous ne les aviez pas vus) après avoir lu l’article. Et finalement, quel plus bel hommage que de revoir ce grand acteur à l’écran ?

L’article dont je vais vous parler maintenant est malheureusement réservé aux anglophones… Mais il est si passionnant et si important que je me devais de le mentionner. C’est Slate.fr, encore une fois, qui par l’intermédiaire de leur plateforme Reader, a repéré cet article de Buzzfeed US sur l’histoire tragique de Loretta Young. Si aujourd’hui, en France, ce nom est moins familier que celui d’une Joan Crawford ou d’une Judy Garland, cette actrice née en 1912 dans une famille très catholique a fait partie des « stars parmi les stars » de l’âge d’or d’Hollywood. Elle est toujours très connue aux Etats-Unis : d’une part, à cause de The Loretta Young Show, où elle prodiguait des philosophies de vie en bonne catholique, qui a passionnée les foyers américains pendant longtemps ; d’autre part, pour la fille qu’elle a eu hors mariage avec Clark Gable (lui-même marié), ce qu’elle a caché pendant des années. Lorsque le pot aux roses a été découvert, Loretta Young a été très malmenée : cette femme qui pendant des décennies se présentait comme un modèle de vertu catholique était en fait une terrible hypocrite qui avait péché et l’avait caché, voilà ce que disait l’opinion publique.

Ce que personne ne savait alors, et qui a été révélé par le fils et la belle-fille de Young à la journaliste de Buzzfeed Anne Helen Peterson, c’est que cet enfant était le résultat du viol de Loretta Young par Clark Gable, dans le train qui les ramenait d’un lieu de tournage.

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Cet article est à la fois terrible et passionnant. Terrible, parce qu’il raconte l’histoire d’une femme qui est tombée enceinte après une relation sexuelle non consentie, a dû cacher sa grossesse, a été traînée dans la boue pendant des années, tout en se considérant responsable de ce qui lui était arrivé, pour découvrir à plus de 80 ans, peu avant sa mort, que ce qu’elle avait vécu était un viol. Passionnant, parce que la famille Young a dû user de stratagèmes incomparables pour cacher la grossesse au public, mais aussi à la 20th Century Fox -les studios qui à l’époque « possédaient » les actrices les faisait souvent avorter, impensable pour la très croyante Loretta- et que ceci est extrêmement bien raconté par la journaliste. Il est extrêmement intéressant de découvrir cette histoire, et à travers elle, le fonctionnement d’un système très bien huilé. Un système qui nous a fait rêver, et nous fait encore rêver, certes. Un système qui a produit des chefs-d’oeuvre et révélé des talents. Mais un système qui a aussi détruit des vies, gâché des destins. Loretta Young a finalement eu une vie plutôt heureuse. Mais le traumatisme du viol, ses relations dégradées avec sa fille, la honte qui l’a poursuivie toute sa vie et la désapprobation populaire : tout cela ne sera jamais réparé.

On change de pays et de sujet avec le prochain article. Vous avez sûrement suivi la polémique autour de Love, de Gaspar Noé : son interdiction aux -18 ans fin juillet par le tribunal administratif de Paris a été suivie par des réactions vives, et par un recours de Fleur Pellerin, la ministre de la Culture, auprès du Conseil d’Etat début août. LeMonde.fr publiait un reportage sur la personne derrière cette interdiction et beaucoup d’autres (Baise-moi, Saw…) : un homme, André Bonnet, avocat proche de la droite et de la Manif pour Tous, et son association Promouvoir. L’organisation, vise « la promotion des valeurs judéo-chrétiennes dans tous les domaines de la vie sociale » et se veut notamment protectrice de la jeunesse. L’article montre que le monde du cinéma est de plus en plus inquiet du pouvoir que peuvent avoir ces individus ou ces associations qui voudraient « défendre » une certaine morale. Ainsi, André Bonnet affirme que

Il faut connaître les plus jeunes, les aimer et avoir gardé suffisamment de fraîcheur soi-même pour anticiper ce qui peut leur faire du mal, sans tomber dans le puritanisme ni la naïveté.

Sans tomber dans le puritanisme ni la naïveté, pourtant, il montre du doigt, dans un entretien à PremièrePirates des Caraïbes et Jurassic World

Pour finir sur une note plus joyeuse, je suis tombée sur le site de Madmoizelle sur un trailer bien particulier. Oui, c’est bien un mash-up Hunger Games/Game of Thrones. Et oui, c’est bien le meilleur trailer de l’année (sans compter celui de Star Wars VII bien sûr). Allez, c’est cadeau !

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