Contre-critique

Contre-critique : «Les 4 Fantastiques»

[Cette critique est la critique négative du long-métrage. Une critique plus positive est à retrouver ici !]

Une anti-critique du film Les 4 Fantastiques.

Sans doute par l’obsession sadico-voyeuriste d’assister au lynchage et d’en être acteur, Internet dit beaucoup des 4 Fantastiques. Avec l’indulgence du rottweiler, à coups de paragraphes à rallonge et de titres griffus le web international s’est imposé juge et bourreau de Josh Trank, de son nouveau film & du studio qui l’enfante. Et la sentence à peine proclamée, s’est réinventé détective du carnage. À qui la faute ? Qui blâmer ? Vers quelle rumeur, quel historique, témoin du drame ou tweet éphémère rallier sa foi ?

Dans la cacophonie de ce feuilleton (plus tellement) cinéphile, il m’a fallu conclure qu’il était impossible de livrer un article – un de plus – qui entende, sinon marteler la même redite, faire le tri. En cela, Les 4 Fantastiques incarne ce que produit le pire d’une époque d’info-outrance et de règne du spectacle. Un film dont l’expérience est le symptôme de son échec plus seulement artistique mais existentiel. Un film anéanti en tant que médium.

Pour ‘peu’ qu’on oublie toute fidélité au matériau sur lequel il s’appuie, la première demi-heure des 4 Fantastiques est pourtant loin d’être inintéressante. En prenant des allures de biopic admiratif de son héros Reed Richards, le prélude au charme Spielbergien nous introduit ainsi le génie scientifique depuis son enfance jusqu’à l’aboutissement de sa machine trans-dimensionnelle.

Mais si cette phase d’exposition est bien exécutée, les 1h30 de ce reboot n’ont rapidement plus à offrir qu’un amas de débris. Ceux d’un scénario où l’ambition de Josh Trank tente des percées. Ceux de personnages que les acteurs peinent à faire exister par la seule force de leur jeu. Ceux d’un film calibré enfin, jusqu’au final expédié froidement comme une corvée.

Doit donc être fait le constat que Les 4 Fantastiques n’a plus rien du film pensé initialement par son équipe créative. Il n’est plus une apparition spectrale où s’entrelacent et discordent les bonnes idées, les décisions d’urgence, les erreurs grotesques. Ne ressort aucun propos, démarche ou aspect technique dont on puisse supposer la parenté pour se positionner, et qu’on puisse évaluer avec des critères d’usage.

Hybride aux intentions indiscernables, Les 4 Fantastiques a dilué ses raisons d’être dans un développement chaotique qui laisse des traces profondes à l’écran. Et comme du brouillon n’émergent que les miettes d’un film convenu, il paraît impossible d’observer le produit fini dans le détail sans être écrasé par un sentiment global : Les 4 Fantastiques, depuis l’annonce de son existence et jusqu’à sa dernière image, est et restera surtout un immense bordel.

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Les 4 Fantastiques. De Josh Trank. Avec Miles Teller, Kate Mara, Michael B. Jordan, Jamie Bell, Toby Kebbell, Reg E. Cathey, Tim Blake Nelson, Chet Hanks, Han Soto, …

Sortie le 5 août 2015.

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3 réflexions sur “Contre-critique : «Les 4 Fantastiques»

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