Au cinéma

Au cinéma : «Ted 2»

Trois ans après son excellente surprise en peluche (et passé le maigre et décevant Albert à l’Ouest) Seth MacFarlane ranime enfin Ted pour un très attendu second épisode. Le créateur d’American Dad et Family Guy peut-il transposer une seconde fois son style corrosif sur grand écran ?

Synopsis : Nos deux compères vivent toujours à Boston, mais alors que John est désormais célibataire, Ted a emménagé avec Tami-Lynn, la bombe de ses rêves. Mais leurs espoirs d’union idyllique sont brisés lorsque la cour du Massachussetts refuse de reconnaître le statut de personne à Ted, et lui octroie celui de « propriété », ce qui le rend inapte à l’adoption et au mariage. Furieux et dégoûté, Ted va canaliser sa frustration sur la restauration de ses droits, et demander à son meilleur ami de l’aider à poursuivre en justice la Cour du Massachussetts.

Au départ, plus grand-chose d’inattendu : MacFarlane applique la formule qui a fait le succès du premier épisode et des séries dont il est l’auteur : dresser à travers ses personnages un portrait mordant de la société américaine contemporaine, de ses valeurs et de ses contradictions.

Mais le comédien a l’intelligence de pousser encore plus loin l’écriture absurde presque plus que – c’était à craindre- le potache bas du front et réchauffé. La bande-annonce en est trompeuse puisque du gag gratuit et cocaïné jusqu’aux longs déroulés de ‘nonsense’ le film fourmille de ces sursauts jouissifs qui ont fait le sel de l’humour de MacFarlane. Et la pop-culture de se faire éclabousser avec la verve geek et l’insolence qu’on lui connaît : cascade de caméos, pluie torrentielle de références (ce remake improvisé d’un chef d’œuvre bien connu, à pleu-rer de rire) et de vannes franchement touchy (mon DIEU le comedy club) font toujours plus vibrer le rythme du film et en sont le meilleur atout.

Car ce n’est pas la trame de fond, à la traîne, qui rend le film mémorable. Le combat judiciaire/road-trip de Ted pour le droit d’exister a des airs de mêlée scénaristique, prétexte à une succession de sketches sur BO jazzy. Alors que l’enjeu général dépasse la sphère proto-familale du premier volet et a le mérite de vouloir voir plus grand, reste à Ted 2 un bel ensemble de surface sans la profondeur et la cohérence de son prédécesseur.

On se laisse alors volontiers porter par le ‘ride’, on éclate tant Ted 2 effeuille l’Amérique sans concession. Puante malgré les strass, névrosée, ignare, débauchée et enracinée dans ses traditions : l’on veut ici faire éclater le paradoxe plus que jamais.

Ted 2 est enfin servi dans la tâche par un casting en pleine récréation. Encore une fois, le duo Wahlberg-MacFarlane excelle, l’aisance vocale de ce dernier devenant à elle seule une formidable étincelle comique (en parallèle d’une animation franchement convaincante). Côté nouvelles têtes, la sélection est tout aussi précieuse. Morgan Freeman et Amanda Seyfried, tous deux au bord du contre-emploi font preuve d’une justesse solide malgré des rôles qu’on pourrait vouloir plus épais.

Pop et grinçant, Ted 2 se fait digne successeur de ses premières aventures : non pas en cela qu’il réapplique la même formule sans la même cohérence, mais dans le dynamisme de son humour toujours plus osé et jamais poussif.

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Ted 2. De Seth MacFarlane. Avec Mark Wahlberg, Amanda Seyfried, Morgan Freeman, Jessica Barth, Giovanni Ribisi, Sam J. Jones, Patrick Warburton, Michael Dorn et la voix originale de Seth MacFarlane, …

Sortie le 5 août 2015.

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Une réflexion sur “Au cinéma : «Ted 2»

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