Au cinéma

Au cinéma : «Avengers : L’Ère d’Ultron»

IL EST ARRIVÉ

Sans doute le mastodonte le plus attendu de l’année (dans la catégorie des films qui ne se déroulent pas dans une galaxie lointaine, très lointaine) – Avengers : L’Ère d’Ultron marque la fin de la 2ème phase de l’Univers Cinématographique Marvel (MCU), que composent tous les films sortis après le premier Avengers. Autant dire l’apogée d’un quintet de films singuliers, parfois audacieux, souvent accomplis. Courts rappels spoilers de notre feuilleton : Iron Man 3 réaffirme le génie technique de Tony Stark et la conscience de son impact sur le monde. Thor : le monde des ténèbres voit Thor renoncer au trône d’Asgard au profit de son infâme frère Loki. Captain America : le soldat de l’hiver fait ressurgir le passé de Steve Rogers avec l’effondrement d’un S.H.I.E.L.D. contaminé par l’Hydra pour toile de fond. Les Gardiens de la Galaxie enfin, ouvre l’univers cosmique Marvel en rassemblant une équipe d’anti-héros.

Deuxième épisode du GRAND RASSEMBLEMENT POUR SAUVER LA PLANÈTE : nous retrouvons donc nos Avengers, overbookés, nettoyant les dernières saletés de la bataille de New-York et de la chute du S.H.I.E.L.D. !

Et en conjoncture de ces histoires, ce second crossover grand format mobilise un nouvel ennemi – meet Ultron. Intelligence artificielle très avancée (pour une raison qui sera tue), Ultron est conçu pour réguler la sécurité mondiale jusqu’à un jour supplanter les Avengers dans leur mission protectrice. Mais le héros de synthèse cache un algorithme malin à la démence exterminatrice, et lorsqu’Ultron échappe au contrôle de nos sauveurs, il s’incarne en leur plus dangereux ennemi, avec les desseins éradicateurs qui vont avec.

C’était prévisible : de surprises en surprises, la frénésie qui dirige les 2h20 de cette course contre la montre lessive le spectateur sur toute la durée (tant mieux, il est question de machines). Loin des baisses de tension centrales et souvent critiquées de l’épisode précédent, celui-ci ne connaît aucun temps mort ni ne laisse de répit. Au sortir de la séance, il est même difficile de faire le tri dans la tornade d’action à la mise en scène nerveuse et tout en vertiges – et ce depuis ses punchlines dopées à l’humour amer-absurde Whedonesque jusque dans le déchaînement d’images iconiques à en laisser les sièges suintants.

Pourtant, revers douloureux : il apparaît dans la plus grande clarté que derrière l’ambition -le gigantisme- du créateur de Buffy contre les vampires, le montage a fait sa triste affaire. Après une première demi-heure brillante, le film se constelle de raccourcis confus et expéditifs, facilités narratives qui criblent l’expérience dans son caractère immersif. Émotion diminuée, screentimes inégaux, propos un poil décérébré… Fallait-il en voir plus pour trouver satiété, ou bien au contraire ? Chose certaine : on se gardera dans ces colonnes de révéler les miettes d’une histoire qui, quoique convenue, réserve son lot de belles trouvailles. C’est déjà ça.

Après avoir fait la chronique d’un premier rassemblement, Joss Whedon met ses costumés à l’épreuve et mobilise ce qui fait l’essence de leur héroïsme non plus en tant qu’individus, mais en tant qu’équipe. De la séquence d’ouverture aux dernières images, elle est au cœur du film. De nos héros, on explore tant les liens qui les rassemblent que les fêlures qui les isolent – le tout avec une pudeur et (parfois) une délicatesse surprenantes pour l’ampleur de l’entreprise. De regards en regards.

Et avec la même aise inégalable (dans son alchimie comique autant que dans ses éclairs de vulnérabilité, les Avengers fondateurs sont tous flamboyants), le casting original est rejoint par de nouveaux compagnons de taille. Ici encore rassemblé, le tandem de Godzilla en la personne radieuse d’Elizabeth Olsen et d’Aaron Taylor-Johnson délivrent deux jumeaux Maximoff attachants quoique desservis par une écriture en manque de relief. Moins plats, les deux grandes attractions sont les antagonistes parfaits des nouements et dénouements multiples de Avengers : L’Ère d’Ultron. Le principal intéressé, campé dans la voix comme dans les gestes par le très charismatique James Spader irradie d’une colère désarticulée, troublante et addictive. Enfin, familier des productions Marvel pour avoir conféré son timbre à JARVIS depuis le premier Iron Man, Paul Bettany, prête ici son corps à la Vision, Vengeur adulé auquel il donne la prestance juste, l’insondable puissance ombrée qu’il nous démange de voir davantage à l’œuvre.

Le film est soutenu par une direction artistique soignée, sans transcendance. La photographie conditionne une ambiance plus torturée que les éclairages « TV Show » du premier Avengers, et la BO que signent Danny Elfman et Bryan Tyler en décline les thèmes efficacement.

Ambitieux et furieux, Avengers : L’Ère d’Ultron est un comic-book movie de plein fouet : pluie d’action torrentielle, dialogues ciselés et galerie d’acteur au diapason de l’aventure. Mais dans son imprudence et sa hâte, le film perd de vue le propos et la cohérence d’un scénario qui aurait gagné à prendre son temps comme à prendre les devants de son éclatant emballage. Comme tout objet explosif donc : à manipuler avec précaution.

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Avengers : L’Ère d’Ultron. De Joss Whedon. Avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Samuel L. Jackson, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, James Spader, Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Paul Bettany, Cobie Smulders, Don Cheadle, …

Sortie le 22 avril 2015.

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Une réflexion sur “Au cinéma : «Avengers : L’Ère d’Ultron»

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