Au cinéma

Au cinéma : «Une merveilleuse histoire du temps»

Stephen Hawking est régulièrement cité dans les médias pour ses interventions sur des sujets scientifiques. Par exemple, lorsque, récemment, il a affirmé que le développement d’un intelligence artificielle signerait la fin de la race humaine. Il est aussi connu pour ses ouvrages de vulgarisation scientifique et pour son apparence particulière : atteint de dystrophie neuromusculaire, il est paralysé et s’exprime à l’aide d’un ordinateur. Son combat contre la maladie hors du commun et ses découvertes scientifiques en faisaient le sujet idéal pour un biopic comme Hollywood sait si bien les produire.

Pour écrire le scénario de celui-ci, Anthony McCarten s’est inspiré de la biographie de Jane Wilde Hawking, Travelling to infinity : My life with Stephen. Il se penche donc sur la première partie de la vie du physicien (Eddie Redmayne) : ses études à Cambridge, ses premières découvertes, sa rencontre avec Jane (Felicity Jones), son doctorat et ses succès en cosmologie et le diagnostic de sa sclérose latérale amyotrophique (SLA).

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Au début, les docteurs lui donnent deux ans. Avec Jane à ses côtés, néanmoins, il déjoue tous les pronostics et parvient à repousser ses limites. Même une fois paralysé, ou après avoir subi une trachéotomie, il trouve toujours le moyen de s’en sortir. Ceci nous est déjà « spoilé », évidemment, par l’omniprésence de Hawking aujourd’hui. Mais le combat, car c’en est un, n’en reste pas moins haletant. La prestation de Redmayne, déjà plusieurs fois célébrée et en bonne place pour les Oscars, est formidable. La ressemblance, tout d’abord, est saisissante. Mais cela ne fait pas l’acteur.

Ce qui est vraiment impressionnant, c’est la capacité de Redmayne à interpréter la domination progressive de la maladie sur Hawking. Il parvient à jouer son rôle aussi bien dans la santé, quand il est encore une tête-brûlée de Cambridge, que dans la dépendance la plus totale, en particulier lorsqu’il perd sa capacité à parler. Il y a pourtant toujours dans son regard cette même étincelle malicieuse, qui avait charmé le spectateur en même temps que Felicity Jones, au début du film.

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L’autre grande héroïne, la vraie, diront certains, c’est elle. Jane Wilde Hawking, la première femme du physicien, et sans doute la personne sans qui il n’aurait jamais pu battre la maladie. Pour Felicity Jones aussi, c’est une transformation : une transformation du rôle de Jane, du couple, du mariage. Ce qui commence comme une (très) jolie romance tourne au combat sans fin, à cause duquel Jane perd toute possibilité d’être libre.

Apparemment assez édulcoré par rapport à ce qu’elle raconte dans ses mémoires, le scénario n’est pourtant pas tendre avec elle. L’actrice démontre alors toute l’étendue de son talent, parvenant à transmettre à travers son jeu les mots que la véritable Jane a sans doute écrit. La tragi-comédie se transforme alors presque en étude de mœurs.

C’est ce qu’on pourrait reprocher au film, peut-être. De trop se pencher sur les affaires privées, et pas assez sur les théories scientifiques -ce que laissait entendre le titre anglais The Theory of Everything. Certes, il y a une tentative au tout début. Mais cela est peu à peu abandonné, alors même que Hawking a continué à faire de grandes découvertes par la suite, et surtout à les rendre accessibles au grand public.

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Cette frustration quant au contenu scientifique n’empêche pas d’apprécier le biopic. De facture assez classique, il respecte les codes du genre, présente les décors et costumes attendus, des plans semblables aux photos du couple. Mais c’est surtout un beau film, long-métrage, très fort, sublimé par la musique de Jóhann Jóhannsson et par la photographie de Benoît Delhomme. La lumière est toute particulièrement remarquable, notamment dans la scène du bal, et dans la dernière scène.

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Plus qu’un biopic sur la vie d’un célèbre physicien, Une merveilleuse histoire du temps est une belle histoire d’amour, une étude de la vie de couple, une réflexion sur la course après le temps qui passe et sur l’impact de la maladie. De facture assez classique, il reste un très beau film à voir.

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Une merveilleuse histoire du temps. De James Marsch. Avec Eddie Redmayne, Felicity Jones, David Thewlis, Tom Prior, Sophie Perry, Harry Lloyd, …

Sortie le 21 janvier 2015.

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2 réflexions sur “Au cinéma : «Une merveilleuse histoire du temps»

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