Au cinéma

Au cinéma : «La famille Bélier»

Il est courant que les comédies françaises sortent lors des périodes de décembre, La famille Bélier, dernière production d’Éric Lartigau, ne déroge pas à la règle. Un film qui traite d’un thème peu exploité dans le cinéma (à quelques exceptions près comme Miracle en Alabama), et qui tente de l’allier à la fois dans la comédie et l’émotion. La famille Bélier arrive-t-elle à convaincre ?

Synopsis : Paula est une adolescente née dans une famille de fermier sourd-muet. Son cursus scolaire lui permet d’intégrer la chorale de l’école, dirigée par un professeur tyrannique. Paula se découvre un talent caché, sauf qu’elle va devoir choisir entre ses études à Paris et contribuer à la succession de la ferme familiale.

Derrière ce synopsis classique se cache une histoire touchante qui ne manque pas de jouer sur différents tableaux pour réussir à surprendre le public. Le film se place d’abord sur deux points importants. D’un côté, Paula, jeune adolescente qui tente de définir son avenir, entendante, et de l’autre sa famille entièrement composée de sourd-muet. Quelle est la complexité qui unit la famille ? Absolument tout, le mélange de comédie entre la surdité et l’entendant, les moments potentiellement dramatiques entre la fille et sa famille. Le film se place aussi bien du côté de Paula (personnage principal de l’histoire) que celui de sa famille dans quelques moments plus importants. À titre d’exemple, l’histoire de Paula domine sur l’ensemble du film, heureusement d’ailleurs, ce qui permet d’exploiter au maximum son personnage à la fois timide et puissant vocalement, au même titre que l’on aurait aimé une plus grande profondeur pour le reste de la famille. Leurs sous-intrigues développent des éléments importants par rapport à l’handicap, mais reste hors du film et sont sous-développés. Bien entendu, qui dit chorale, dit phase plus musicale, on pourra discuter des choix des scénaristes d’avoir choisi Michel Sardou qui est aussi « intemporel » à la variété française que Mozart l’est à la musique classique, mais il magnifie la voix de Louane Emera et donne des interprétations juste de la jeune chanteuse.

Par ailleurs, la musique est un des points positifs de ce film et développe d’autres thèmes, toujours en accord avec la surdité des personnages. Un point qui monte crescendo avec le film puisque des moments plus intimistes se développent autour de la musique, où les personnages doivent user des autres sens pour pouvoir sentir le son et le ressentir. Quelques scènes émotionnelles ponctuées par du comique de situation et de geste, qui remplace la tension et permet d’en faire un film pour tous. Eric Lartigau filme les sourds-muets avec beaucoup d’émotion, il arrive à les placer en tant que personnage unique sans tomber dans le pathos, autant dans le comique et le dramatique. Il en est de même de la jeune Louane Emera qui arrive à surprendre, en chantant, provoquant quelques frissons avec ses reprises. Pour un premier rôle, la jeune chanteuse s’en tire plutôt bien, même si elle doit encore améliorer et approfondir son jeu d’actrice. Le reste du casting surjoue peut être trop, notamment la meilleure amie de Paula qui ne tardera pas à énerver par moment.

Un autre défaut sied aussi le film, c’est sa réalisation très classique qui recèle d’idée par-ci, par-là. À la manière de ses sous-intrigues, les dialogues avec la langue des signes sont bien filmés, provoquant ces phases de rires et d’émotions tout au long du film. Le cadre est aussi étudié pour accorder de l’importance à certains personnages. Reprenons l’exemple de Paula, qui par sa timidité se place plus aisément dans un groupe, la réalisation suit la psychologie de son personnage, le forçant parfois à briser la règle pour lui accorder de l’importance. Cependant, il faut dire que le tout est très classique et ne se renouvelle que très peu de fois, des choses aurait pu être mieux amenées, voire largement mieux développées. Il ne faudra pas oublier que le film ne fait que dépeindre la condition d’un handicape, et ne se tiendra qu’à cela dans sa majorité, mais il apporte ce sentiment de joie accordé à de la tristesse qui nous donne un grand bol d’air frais lors de la sortie de la salle.

La famille Bélier ne transcendera pas le cinéma, au contraire, il se contente de son classicisme pour faire la condition des personnages sourds-muets. On est entraîné au cœur de cette famille peu commune, on est touché, on sourit, mais surtout on apprécie chaque instant du long métrage. La voix de Louane Emmera emporte et transporte même si l’on regrettera quelques surjeux dans le reste du casting. On retient aussi la prestation du duo mené par François Damiens et Karine Viard qui dépeint cette famille sourde dans leur quotidien. La famille Bélier est un film à voir pour passer un bon moment en famille en ces périodes de Noël.

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La famille Bélier. De Eric Lartigau. Avec Louane Emera, Eric Elmosnino, François Damiens, Karin Viard, Roxane Duran, Luca Gelberg, Ilan Bergala, …

Sortie le 17 décembre 2014.

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