Rencontres/Expositions

Événement : Présentation de «Paddington»

Ce n’est pas une résurrection mais bien une création du célèbre Paddington. 

(Bande-annonce VF)

Faisant partie de la culture anglaise, les aventures du petit Paddington sont moins réputées en France. Paddington est un personnage de fiction de la littérature anglaise pour enfant. Celui-ci est un petit ours né au Pérou qui part vivre en Angleterre. Il est accueilli par le gentil et strict Mr. Brown. Mais le petit Paddington ne connaît pas la culture anglaise et fait involontairement pleins de bêtises.

De personnage littéraire, Paddington s’est transformé en peluche puis en série, que ce soit animée ou en stop motion. Mais malgré sa renommée, il a fallu attendre l’année 2014 pour que celui-ci devienne un personnage cinématographique. On doit cet essai au studio de production Studio Canal, aidé de Heyday Film et DHX Media, qui nous ont présenté le long-métrage en question.

Pour cela, rien de mieux que deux extraits vidéos, ainsi que l’acteur principal du film, Hugh Bonneville, et le doubleur français du personnage de Paddington : Guillaume Gallienne. Comme vous allez le voir sur la retranscription de l’échange, les deux compères ont de la répartie.

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Avant les extraits, le directeur Studio Canal nous a fait une petite présentation.

« On espère que c’est le premier d’une longue série. Que potentiellement le petit Paddington aura beaucoup de pays … ». Il se reprend et dit : « … euh pardon, beaucoup de petit ».

Ce petit lapsus pourrait signifier qu’une suite est déjà prévue. Une fois la machine lancée, si le film rencontre le succès, la suite doit en découler rapidement. Leur but serait alors de viser un public plus large : donc un autre pays que l’Angleterre … Ceci n’est qu’une supposition.

« C’est un projet important pour Studio Canal, que ce soit Français ou Européen, car nous avons une affection toute particulière, et vous allez comprendre pourquoi, à ce petit ours. »

Il remercie l’équipe de Canal qui a travaillé sur le projet, et également la venue de Hugh Bonneville et Guillaume Gallienne, qui sous l’annonce du présentateur et sous les applaudissements du public, font leur entrée sur scène.

Grâce à vous, nous allons découvrir les personnages de Paddington.

Hugh Bonneville, étant comédien de théâtre, parle d’une sublime voix. (Bien sur, il s’exprime en anglais, ce que vous allez lire est la traduction)

« Bonjours mesdames et messieurs, pour commencer je vais vous présenter Mr. Brown, mon personnage. Il est très patient et attentif, ce qui est démontré par son costume. Il est marié à une femme, plutôt bohème (interprété par Sally Hawkins). Contrairement à son mari, son coeur et ses bras sont ouverts au monde qui l’entoure. Autre personnage important dans les livres de Paddington, le personnage de Mr. Gruber, interprété ici par Jim Broadbent, qui devient un très bon ami à Paddington et un confident de la famille. Mais tout n’est pas joie et bonheur : le vilain (interprété par Nicole Kidman), un taxidermiste, rode dans le quartier. À partir de là, vous voyez dans quelle direction l’histoire évolue.

Ce film c’est bien sur l’histoire d’un réfugié, qui est obligé de trouver un nouveau foyer. Et c’est celle de cet ours qui est obligée de quitter le Pérou. »

Après des applaudissements, Guillaume Gallienne, toujours aussi joyeusement maniéré, réplique :

« Comment passer après ! Franchement la classe anglaise incarnée, il parle la langue de façon divine et en plus, il est sympa … Donc voilà je vais ramer … (rires) Moi je vais vous parler de l’ours. L’ours c’est vrai que j’ai eu la chance de le connaître depuis que je suis tout petit, j’ai eu une « nany » anglaise : on ne se refait pas. Il incarne ce que j’adore dans l’humour anglais. L’anglais peut accepter tout type d’étranger et d’originalité, du moment que cette personne là rentre dans leurs codes. À partir du moment où il rentre dans leurs traditions, personne ne remarque que c’est un ours. On ne le justifie pas. « C’est un ours ma foi, on en a vu d’autres ». C’est à la fois drôle et poétique d’avoir tout ce qu’il y a d’incongrue dans la naïveté, la découverte et dans les terreurs qui s’en suivent. C’est surtout l’histoire de quelqu’un qui trouve un « home ». Mot tellement plus fort en anglais qu’en français. Comment se trouve-t-on une famille ? »

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Après quelques salutations et remerciements envers l’équipe technique du tournage, … On nous présenta quelques extraits. S’adressant principalement à un jeune public, les extraits présentés m’ont convaincu. Le mélange de poésie et d’humour se ressent facilement, la beauté graphique vise, sans,nul doute, un large public. Après avoir été agréablement stupéfait du contenu, l’échange a pu commencer.

Guillaume a mentionné tout à l’heure qu’il a grandit avec les livres de Paddington, est-ce également votre cas ?

Hugh Bonneville : Je n’étais, bien sur, pas né en 1958, quand les livres sont sortis, mais j’ai grandit avec ces livres. Ils font partis de l’ADN de l’enfance anglaise.

C‘est une histoire sur la famille ou sur l’adoption ?

H.B : Dans les livres, il est plus question de ce que l’on attend de l’hospitalité anglaise. Le film est un conte modernisé sur l’hospitalité à l’anglaise. Comme l’a dit Guillaume, il s’agit surtout de trouver un foyer. Mais un foyer c’est pas seulement un toit. C’est une chaleur, trouver des gens pour fonder une nouvelle famille. Ça ne vient pas du sang ou d’une espèce différente.

Guillaume, quelle est votre expérience de la culture anglaise, car justement il s’agit d’un étranger qui se retrouve imprégné ?

Guillaume Gallienne : J’ai vécu la même situation que Paddington à l’âge de treize ans. J’ai quitté la France pour une pension anglaise. C’était une grande famille. Il y avait cette ambiance, cette chaleur là qu’on appelle « claussy » qui est un peu intraduisible en français. Il fallait suivre les codes, et rentrer dans le moule anglais. On n’impose pas son truc. Ça m’a fait un bien fou. Je connaissais déjà bien l’anglais et la culture grâce à ma « nany ». Elle me disait, par exemple, que c’était très vulgaire de courir sous la pluie! Il y a ce truc dans le film, cet accueil à la foie chaleureux et branque …

H.B : Il serait réducteur de penser que le film est juste basé aux manières et à la culture anglaise. C’est avant tout une façon de dire de s’ouvrir aux autres.

G.G : C’est pas folklorique. C’est surtout des relations.

H.B : Surtout, c’est presque une heure et demie d’amusement.

Est-ce que c’est justement pour vous amuser que vous avez décidé de faire ce film ?

H.B : C’est avant tout le script qui est important. Faire parti de ce joyaux de mon enfance.

Pour vous l’exercice est différent.

G.G : J’ai toujours adoré Paddington. Quand j’ai vu le « cast », je me suis dit : c’est cadeau. J’aime bien l’exercice de faire des voix. J’ai un fils de sept ans et demie qui déteste » les vrais films ». Pour l’instant, je l’emmène voir des films non-animés pour son âge, et il m’a engueulé. Là, il y a un peu des deux, il va commencer à voir des « vraies fictions ». C’est aussi pour mon fils … « Les garçons et guillaume à table », j’attends un peu avant de lui montrer. On va éviter les séances chez le psychanalyste. Mais Paddington, c’est surtout un projet génial.

H.B : Nicole Kidman, elle même, a accepté de jouer dans le film pour montrer à ses enfants l’un de ses films … même si c’est elle la méchante du film.

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Guillaume, il y a-t-il une difficulté particulière à faire la voix d’un personnage numérique dans un film ?

G.G : Je ne sais pas, je n’ai pas encore fait le doublage du film. J’ai juste fait la bande-annonce. Je ne peux pas vous répondre pour le moment. Mais c’est différent dans le rythme, essayez de s’insérer dans un film, pas entouré d’animation. Il y a un ton qui ne peut pas être le même. À mon avis, je pense que je ferais ça.

Vous allez vous inspirer de la voix originale ?

G.G : Ah non, je ne vais surtout pas passer par l’imitation. C’est ce que j’aime dans les voix, c’est que je m’enpare du rôle. L’intention a déjà été décidé donc, on est totalement déresponsabilisé de ça et en même temps, je joue quand même. Donc, le boulot est fait mais il y a une part de nous à donner.

Vous pouvez nous dire quelque mots de Paul King, le réalisateur ?

H.B : Quand j’ai rencontré Paul King, il y a dix-huit mois maintenant, j’ai découvert une véritable incarnation de Paddington. Avec ses yeux grands ouverts, et son grand sourire. Six mois plus tard, il a perdu une vingtaine de kilo à travailler sur ce film. Il a beaucoup travaillé avec les directeurs artistiques pour que ce soit un émerveillement.

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Combien de temps a durée le tournage ?

H.B : Deux semaines de tournage au Catarina, pour les scènes au Pérou, et onze semaines en Angleterre. C’était plus compliqué car je vous révèle que Paddington n’a pas été joué par un vrai ours. (rires) Un procédé compliqué : c’était un assistant lumière, qui fait la taille de Paddington. On lui donnait un chapeau, une réplique ou un regard. Parfois, c’était juste un bâton avec une tête dessus, voire absolument rien. J’ai jamais autant du faire appel à mon imagination. Et maintenant je comprend ce que certaines personnes ressentent sur le tournage de Stargate. (rires)

Paddington vous a-t-il donné plus l’envie de faire d’avantage de cinéma ?

H.B : De tout façon, j’accepte n’importe quel travail, tant que ça peut payer mon crédit. (rires) J’étais très content de faire ce film avec cette équipe. Ce genre de projet avec une bonne attente me plaira toujours.

Les extraits présentés ont été très différents de la bande-annonce. Moins de gag et plus de poésie. Quelles parts de gags et de poésies ressortent du film ?

H.B: C’est un bon équilibre : deux tiers sur l’émotion et un tiers sur les gags. Quelques gags un peu grossiers : Paddington se nettoie les oreilles avec les brosses à dents. Mais le film est plus centré sur la poésie et le cœur.

Vous penser que les enfant vont proclamer d’adopter un ourson après avoir vu le film ?

H.B : Je l’espère.

G.G : J’ai déjà un chien qui arrive dans un mois. (rires)

Combien de temps devrait durer le doublage ?

G.G : Deux jours pile, plus un jour au cas où. J’ai eu plusieurs expériences, on travaille rarement ensemble, je commençais à doubler et les autres continuaient, ou l’inverse. En général, c’est vrai que les sociétés préfèrent doubler tout le monde et après les personnages principaux. Parfois, il arrive que l’on change un mot, on se rend compte qu’un autre est plus juste. Et bien sur, on parle de ces changements mais c’est vraiment une histoire de rythme. La langue française n’est pas concise comme l’anglais. La tonacité n’est pas la même.

H.B : Par ailleurs, c’est la première fois que je m’entends en français. Et je préfère ma voix en français plutôt qu’en italien.

Seriez-vous déjà prêt à reprendre votre rôle de Mr. Brown pour une suite ?

H.B : Surprise !

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Rencontre avec Hugh Bonneville et Guillaume Gallienne à la présentation de « Paddington », dans les locaux Studio Canal à Issy Les Moulineaux, le 29 septembre 2014.

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