Au cinéma

Au cinéma : «Le Labyrinthe»

On vous parlait de la piètre adaptation qu’était Si Je Reste, et c’est avec plaisir qu’on s’est dévoué à aller voir Le Labyrinthe. Énième dystopie sur les risques de notre société actuelle, tirée d’une saga littéraire à succès, répondant au doux nom de l’Épreuve, le titre s’affirme comme une véritable surprise qui promet de faire concurrence aux autres Hunger Games ou Divergente.

Synopsis : Quand Thomas reprend connaissance, il est pris au piège avec d’autres garçons dans un labyrinthe géant. Il n’a plus aucun souvenir de sa vie, mis à part quelques cauchemars qui évoquent une société qui l’aurait peut-être amené au cœur de cette zone. Que cache le labyrinthe ? C’est ce que Thomas va tenter de découvrir qu’importe le prix de cette connaissance.

En lisant le synopsis, c’est vrai qu’il est aisé de se dire que Le Labyrinthe sera encore une de ces sagas qui tentera de miser sur un couple (soit dit en passant on aura le droit à ce couple en tête d’affiche) au lieu du labyrinthe qui aurait pu passer au second plan. Or c’est là que le film surprend en choisissant l’arc narratif du labyrinthe et de ses mystères. Vous nous direz « En quoi un labyrinthe peut surprendre ? » eh bien c’est la grande question du film, car ce dernier, en plus de changer toutes les nuits, parviendra à créer des retournements de situation plutôt intéressants à suivre. De même que le développement des personnages n’est pas forcément mis à côté. Si certains restent très stéréotypés, on s’attache à eux et on souhaite découvrir ce que cache le labyrinthe. C’est le cas de le dire, on cultive le mystère jusqu’à la fin, qui même lors de sa résolution nous laisse sur notre fin et nous prépare peut-être à une bonne saga littéraire cinématographique. Pourtant, on retiendra quelques longueurs au cœur de la société qu’ont créé les jeunes qui aurait mérité un meilleur traitement, et une mauvaise utilisation des apparitions de certains personnages, dont la jeune femme qui n’apportera rien au récit, ni au héros, vu que le labyrinthe prendra le dessus rien que ça ! Malgré ces petits défauts, le film arrive à mêler le mystère autour du labyrinthe, et on reste bouche bée par l’avancé des protagonistes au cœur de ce dernier. Bien sûr, la fabrication d’un film passe aussi par sa réalisation et pour une première, nous avons le droit à quelque chose de très agréable à voir.

Ainsi, le nom de Wes Ball vous est peut-être inconnu, et pour cause, il sort de l’ombre avec cette adaptation du premier tome de la saga l’Épreuve. En commençant son film directement au cœur de l’action, il arrive à nous intéresser et à nous plonger pleinement dans son univers, d’un point de vue scénaristique, cela permet d’évoquer rapidement tous les personnages, tout en présentant visuellement le labyrinthe. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il surprend, qu’il est impressionnant et plutôt bien fichu. De plus, le cadre reste à taille humaine, ce qui permet au spectateur de se sentir impuissant face au labyrinthe, un peu comme l’ensemble des personnages. Une autre des idées intéressantes au niveau de la réalisation est de créer une peur, sur ce que l’on peut voir ou pas, le labyrinthe est rempli de danger en tout genre, pour cela Wes Ball n’hésitera pas à jouer sur la lumière en proposant une image plutôt sombre. Ce traitement de l’image est présent dans l’ensemble du long métrage, ce qui permet de créer une tension permanente, mais aussi de mettre en avant la détresse des protagonistes. Le film est rempli de plan intéressant en tout genre, malgré des problèmes de lucidités dans certaines phases de combats. Le montage est assez saccadé par moment, bien que le tout soit lisible, il arrive que l’on soit tellement excité à suivre l’action que le tout relève de l’épileptique et que l’on arrive à être désorienté. Dans certains cas, c’est une très bonne idée qui renforce l’impression de perte de repère pour des jeunes qui n’ont pas encore affronté les ennemis du labyrinthe, mais à contrario, on perd trop vite nos repères ce qui coupe certaines séquences d’actions en les rendant incompréhensibles. Et pourtant, ce n’est pas faute de dire que malgré une réalisation légèrement académique, les effets spéciaux impressionnent par moment, alors que dans d’autres instants du film, ils seront légèrement moins travaillés, laissant un flou constant durant une séquence pourtant intense pour les personnages. Le Labyrinthe ne révolutionnera pas et ce n’est pas son attention, car malgré de bonnes idées qui augmentent l’univers du film et son scénario, le tout se révèle très académique, avec un montage très/trop saccadé par moment.

Les acteurs quant à eux sont loin d’être mauvais, en effet, on s’attachera à ces personnages qui pourraient être n’importe qui. On s’identifie plutôt facilement à eux et le fait de s’attacher à ces derniers nous laisse très peu de répit pour souffler dans le film. Également, si certains personnages sont très mal dosés dû à quelques éléments scénaristiques qui ne permettent par leur extension au cours du film, on se laisse aller avec cette bande d’adolescents qui doivent affronter les épreuves du labyrinthe. Bien entendu, on ne révélera rien du film, mais on espère que les suites pourront développer plus en profondeur les personnages afin de nous surprendre. De même que la bande-son ne marquera peut être pas les esprits, mais celle-ci est bien répartie pour arriver à jouer entre ce qui se passe à l’intérieur du labyrinthe tandis que l’on est à l’extérieur, etc., ce qui veut dire qu’en terme d’ambiance le film réussit le pari de nous intégrer facilement dans l’univers sans pour autant sur-abuser de musique dramatique.

Le Labyrinthe est une adaptation qui ne paye pas de mine et qui pourtant se révèle surprenante à souhait. C’est par son scénario qui sort des chantiers battus, ses personnages légèrement plus crédibles ou encore par sa réalisation, le film nous entraîne au cœur d’un mystère très bien ficelé dans lequel on ne se perd pas. Bien entendu, tout n’est pas rose dans ce film qui culmine des seconds rôles pas vraiment importants, ou encore des longueurs notamment au sein de la société créée par les personnages. Toutefois, le film offre une bonne alternative à Hunger Games et aux autres dystopies en proposant un retournement de situation aussi surprenant qu’inattendu. En clair, Le Labyrinthe a tous les éléments pour plaire malgré le fait qu’il soit vendu comme un blockbuster lambda sans surprise.

le-labyrinthe-affiche-finale-france

Le Labyrinthe. De Wes Ball. Avec Dylan O’Brien, Aml Ameen, Will Poulter, Kaya Scodelario, Thomas Brodie-Sangster, Ki Hong Lee, Jacob Latimore, Blake Cooper, …

Sortie le 15 octobre 2014.

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