Au cinéma

Au cinéma : «Party Girl»

Je vous en parlais lors du Festival Paris Cinéma, Party Girl est pour moi l’un des films de l’année. Présenté en mai dernier à Cannes dans la sélection « Un certain regard », c’est le premier long-métrage de trois réalisateurs ayant déjà travaillé entre eux, Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis. Ils s’inspirent librement de l’histoire de la mère du troisième, Angélique Litzenburger, danseuse de carbaret et mère de quatre enfants nés de pères différents. Elle décide de se ranger de sa vie de « party girl » après qu’un de ses habitués, Michel, l’a demandé en mariage. Mais quitter le monde de la nuit n’est pas si facile…

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Party Girl, c’est avant tout son héroïne haute en couleur, cette Angélique au regard brûlant et à l’accent authentique, couverte de bijoux et d’accessoires. Angélique vit sa vie à fond, la soixantaine toujours séductrice et fêtarde. Elle n’est pas très cultivée, elle n’a pas beaucoup quitté ce coin de Lorraine perdu près de la frontière, mais elle respire la vie et dégage un charisme fascinant, sublimé par la caméra et la photographie. Angélique, c’est ce type de personnage qui marque pour toujours.

Elle est d’autant plus frappante que l’actrice joue son propre rôle. A l’inverse d’un film où une actrice connue jouerait un personnage ayant beaucoup vécu, la vie d’Angélique se devine sur ses traits, ses attitudes, ses expressions. Il en va d’ailleurs de même pour la plupart des acteurs, qui tous, à quelques exceptions près, se mettent de scène. C’est cette tension constante entre réalité et fiction qui fait la beauté de ce long-métrage.

On ne sait jamais bien ce qui est improvisé, ce qui est écrit ou ce qui est inspiré des acteurs. Cela donne un film aussi imprévisible que ceux qui l’inspirent, en constant mouvement, mouvement souligné par une BO électrique et inspirée –notamment la « Party Girl » de Chinawoman. Les trois réalisateurs abordent ainsi de multiples sujets, que ce soit la famille éclatée, le couple sans désir ou la vie d’une province pauvre à mi-chemin entre la France et l’Allemagne, aussi bien géographiquement que linguistiquement –le dialecte lorrain que parlent les personnages, mélange d’allemand et de français, se révèle terriblement cinématographique.

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A toutes les qualités du scénario s’ajoutent une réalisation impeccable, ce qui est d’autant plus impressionnant que les réalisateurs travaillent constamment à trois. La photographie de Julien Poupard est très belle, surtout dans les scènes de fête où les lumières éblouissent les personnages comme les spectateurs. Cette technique si bien maîtrisée réussit son but, se mettre au service d’humains si hauts en couleur qu’il suffisait de les guider légèrement pour nous livrer des personnages de cinéma d’envergure. Angélique la première, et je ne parle toujours pas de la marquise.

Party Girl sublime les « petites gens », ceux à qui on ne donne jamais la parole, pour en faire des personnages tour à tour lumineux et très sombres, mais toujours sublimes. Si vous ne l’avez pas fait, courez le voir !

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Party Girl. De Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis. Avec Angélique Litzenburger, Joseph Bour, Mario Theis, Samuel Theis, Séverine Litzenburger, Cynthia Litzenburger, …

Sortie le 27 août 2014.

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Une réflexion sur “Au cinéma : «Party Girl»

  1. Pingback: Paris Cinéma 2014 : Journal de bord n°2, humour coréen et «Party Girl» authentique | Ma Semaine Cinema

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