Paris Cinéma

Paris Cinéma 2014 : Journal de Bord n°0

Soirée d’ouverture : Timbuktu, Abderrahmane Sissako

Jeudi 3 septembre 2014, 20h. Une petite foule se presse autour de l’entrée du Gaumont Opéra Capucines, avide de découvrir le film d’Abderrahmane Sissako, Timbuktu, présenté à Cannes en mai dernier.

Serrant mon carton d’invitation (qui me dit que je suis invitée par Anne Hidalgo herself), je me rends avec mon « +1 » vers l’entrée des simples mortels, à côté de celle des « stars » du Festival –mais on a quand même droit au tapis rouge. Dans la plus grande salle du cinéma, des femmes en robes de princesses –violettes, grises ou roses, la couleur partage le public- indiquent les rangs réservés. Mon amie et moi nous asseyons tout devant –j’adore être complètement plongée dans un film- où des sacs bleus du Festival et quelques cadeaux nous attendent sur les sièges.

Les gens papotent en attendant que la cérémonie commence, pendant que sur un écran géant la bande-annonce du Festival et le rappel de ses sponsors alterne avec des questions sur les films présentés et un fil twitter sur Paris Cinéma. Ah ! la technologie ! J’aurais bien tweeté pour vous dire bonjour, mais si c’est pour voir mes bêtises s’afficher sur écran géant, non merci (oui, j’aime la contradiction).

Affiche du Festival 2014

Affiche du Festival Paris Cinéma 2014

Il est 20h30 passé quand l’écran s’éteint et qu’arrivent sur la « scène » Aude Hesbert, la déléguée générale du Festival, et Bruno Juillard, le premier adjoint à la Maire de Paris chargé de la culture.

« Paris, capitale mondiale du cinéma »

La première commence en rappelant que c’est son dernier festival. Merci, au revoir, très honorée, bon festival. C’est joli, elle est passionnée et cela se voit. Son départ me rend curieuse, pourquoi ils ne précisent jamais pourquoi ?

Le deuxième fait un discours plus long, commençant par remercier Aude Hesbert et l’équipe du festival. Et de décrire Paris comme la « capitale mondiale du cinéma » dont la mairie est fière de « faire tout pour que la diversité puisse y être diffusée ». J’apprends en passant que c’est la ville où on trouve le plus grand nombre d’écran par habitant. Ces indices me font toujours sourire : ce n’est pas comme si j’avais un écran de cinéma chez moi non plus !

Bruno Juillard fait rire tout le monde en « répondant à Abderrahmane Sissako sur la fin de son discours lors de la remise de la médaille grand vermeille. Le réalisateur aurait terminé sur une inquiétude quant à une antenne relais installée sur une crèche dans le 11e. Qu’il se rassure : ce n’était pas vraiment prévu. Enfin il est temps de remercier la star du festival, celle à qui il rend hommage, la productrice Sylvie Pialat.

Après l’hommage, le cimetière ?

J’ai un peu fait mes devoirs avant de venir. Née Danton, elle est devenue Pialat en rencontrant Maurice sur le tournage de A nos amours. C’est une productrice réputée dans le métier. L’inconnu du lac, c’est elle. Elle est donc à l’honneur de ce festival. Elle prend la parole à la fin, confiant qu’il n’est « pas difficile » de suivre Sissako, et ajoutant non sans humour qu’elle « espère que l’étape suivante, après l’hommage, n’est pas le cimetière ».

Mais avant le discours de Sylvie Pialat, c’est le réalisateur qui s’exprime. Très ému, il rend hommage à Paris, où « les choses sont possibles ». « Une ville est très importante quand le destin nous y amène, dit-il. Paris et la France m’ont accueilli. C’est un pays courageux, fort, malgré les problèmes. Il faut croire à la magie des gens qui ont la capacité de mettre en avant la culture. »

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Un projet miracle

Il évoque ensuite la fabrication du film, qu’il qualifie de « projet miracle ». Parti pour faire un documentaire, il livre ce soir une fiction très proche du documentaire. Pour des raisons pratiques évidentes, le film n’a pas pu être tourné à Tombouctou, « prise en otage par des gens venus d’ailleurs ». « Nous voulions que le film se fasse vite, parce que c’était dans l’actu. Il a donc été écrit très vite. »

Il remercie, comme souvent, son équipe, « les gens qui y ont cru ». Tout le monde l’applaudit, mais : « Il faut plutôt applaudir mes acteurs. » Même si Sylvie Pialat parle en dernier, le dernier mot irait plutôt au réalisateur : « Tout cela est merveilleux et formidable. » Une belle aventure, donc.

Le réalisateur et deux de ses acteurs à Cannes

Le réalisateur et deux de ses acteurs à Cannes

Et le résultat est là. 1h37 d’un film magnifique, engagé, aux très belles images. Un film qui vous retourne dans tous les sens et fait oublier tous ses petits défauts. Et qui se termine sur des applaudissements nourris. Ce Festival commence bien.

 

 

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Une réflexion sur “Paris Cinéma 2014 : Journal de Bord n°0

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