Au cinéma

Au cinéma : «Godzilla»

GODZILLA

Quelle période. Le mercure est au plus haut, les passants dévêtissent leur chair frivole. C’est l’oisive ritournelle de l’été, le temps des mues.

TRANSITION REPTILE.
C’EST L’HEURE DE GODZILLA SESSION 2014.

A l’arrivée, la bête est massive, tonitruante. D’emblée ses adversaires impressionnent et les combats dantesques profitent de FX réussis. Godzilla est un film catastrophe plus qu’un film de monstres : la présence humaine est au service de la perception des évènements, dans une mesure moins obsessive que ce bon vieux Cloverfield.

CEPENDANT.

Dès lors qu’était attendue une galerie de personnages dont la solidité puisse soutenir la démarche, à l’arrivée… c’est bien différent. De là à noyer tous les efforts de Gareth Edwards et son orchestre dans le conventionnel et l’attendu ?

C’est la déception majeure de ce nouveau manifeste herpétophile (adj : c kan tu kiff les reptils genre). Rien ne vient bouleverser les acquis narratif du genre. Le contraste est d’autant plus fort que le ton général lorgne vers le dramatique, sombre et proche de l’humain. Quand l’ouverture laisse présager la sensibilité escomptée des personnages, laisse ESPÉRER une histoire prête à les mettre en danger, l’intrigue glisse en fait vers un héroïsme patriote et confortable. Aaron Johnson est au centre du film, et on peut dire que pour le personnage de Ford, c’est la fiesta. A la fois spectateur et acteur du feu d’artifice, sa fonction scénaristique le rend complètement intouchable (aucun lien avec François Cluzet).

Quant à la transparence des personnages secondaires, elle n’aide certainement pas à mettre en porte-à-faux nos certitudes de spectateurs aguerris. Ken Watanabe incarne ainsi un explicateur d’intrigue tout à fait convaincant. Le choix d’avoir développé le personnage d’une roue d’voiture environ dix fois plus que celui d’Elizabeth Olsen et de tout autre personnage féminin peut cependant décevoir.

La réalisation de Gareth Edwards est, heureusement et de manière générale, bien plus inspirée. L’homme derrière Monsters réactualise le mythe du King (aucun lien avec Elvis) avec les obsessions ultra-destructrices de nos dernières décennies. Préférant au tout-montré les jeux d’échelles, de dissimulation… La montée en tension est efficace. Les idées ne manquent pas pour y contribuer, du rôle des écrans entre miroirs et télévisions, jusqu’au design sonore aussi soigné que la photographie. La scène du saut en parachute est, pour ne citer qu’elle, un choc. Un money-choc.

Les influences sont nombreuses mais distillées avec une humeur changeante. La BO est trop exacerbée pour être honnête mais l’hommage à la saga est discernable et bienvenu, tout comme les citations Spielbergiennes… Difficile en revanche d’être émerveillé par l’intention (ou même secoué par le sous-texte anti-nucléaire (yes, it’s back too !)) quand le final éclate avec la subtilité d’un éléphant sans smecta. L’appétit explosif ne souffre plus alors d’aucun Weight Watchers de mise en scène, et les plans larges vautrent les efforts d’un parti pris qui jusqu’ici entretenait la cohérence du film : celui d’être à hauteur d’homme.

Difficile dans ces derniers instants de ne pas repenser aux vitrines à FX estampillées 2013 qu’étaient la bataille d’Hong-Kong de Pacific Rim ou le final de Man of Steel. Tous deux sont malgré tout loin devant le délirium annihilateur de clôture qu’Edwards agite sous nos perplexes naseaux. Un choix qui finit par nuire à l’intelligence d’un film contourner les lieux communs.

A trop hésiter entre un ton appuyé et une ambiance rétro, Godzilla se perd et déçoit. Accorder sa sensibilité aux fêlures d’hommes impuissants mais quêtant la reconstruction était une promesse audacieuse que le film peine à tenir sur la durée. Aussi spectaculaire que conventionnel, on lui regrette d’innovant ce qu’il vaut comme hommage humble mais qui manque de distinction.

Je voulais terminer cet exposé par une blague bien bien lourde, mais bon… Plus trop l’temps. Enfin bon, tranquille hein, y a pas d’lézard.

Godzilla - Affiche (2)

Godzilla. De Gareth Edwards. Avec Aaron Johnson-Taylor, Bryan Cranston, Elizabeth Olsen, Ken Watanabe, Sally Hawkins, Juliette Binoche, David Strathairn, …

Sortie le 14 mai 2014.

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