Au cinéma

Au cinéma : «Joe»

Le réalisateur de « Délire Express » ou encore « Prince of Texas », David Gordon Green, nous livre son nouveau long-métrage : « Joe ». Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Larry Brown, écrivain américain. Nicolas Cage y tient le rôle principal avec à ses côtés : Tye Sheridan, qui reçu le Prix Marcello-Mastroianni du Meilleur Espoir Masculain à la Mostra de Venise en 2013. « Joe » sortait dans nos salles le 30 avril 2014.

Synopsis : Dans une petite ville du Texas, l’ex-taulard Joe Ransom essaie d’oublier son passé en ayant la vie de monsieur tout-le-monde. Mais le jour où Gary, un gamin de 15 ans, arrive en ville, cherchant désespérément un travail pour faire vivre sa famille, Joe voit l’occasion d’expier ses péchés. Cherchant la rédemption, il va prendre Gary sous son aile …

Avec « Joe », David Gordon Green livre un formidable long-métrage sur la destruction. Durant tout le long, les personnages ne cessent de détruire ce qui les entoure. Joe est payé pour détruire des arbres, le père de Gary détruit sa famille que ce soit physiquement comme financièrement, Willie a le visage détruit par des cicatrices et ainsi de suite. De plus, l’histoire prend place dans la campagne profonde, chez « les bouseux », donnant presque un aspect de western au long-métrage. Le scénario, écrit par Gary Hawkins, offre à cette histoire une force, tant émotionnelle que violente, incroyable. Le lien entre Joe et Gary peut faire énormément penser à « Mud » de Jeff Nichols, sorti l’année dernière. Cependant, si sur le papier cela paraît très semblable, les deux productions sont complètement différentes dans le traitement de cette relation. L’idée que « Joe » et « Mud » puissent former un joli diptyque est fascinant, et où Tye Sheridan serait le lien.

En effet, Tye Sheridan, découvert dans « Mud », interprète Gary dans « Joe ». Il confirme son talent d’acteur en offrant à son personnage force et fragilité, dans un contraste déconcertant. À ses côtes, le spectateur redécouvre Nicolas Cage, qui offre une performance comme on a pu trop rarement le voir dans les derniers films du comédien. Affublé d’une grosse barbe, de cheveux longs coiffés en arrière et tatouages bien voyants, l’acteur nous apparaît sous les traits d’un roc au cœur tendre. Le personnage de Nicolas Cage devient très vite un beau-père spirituel pour Gary, dont le père biologique est comme absent. Gary Poulter, qui donne vie à ce dernier, possède un charisme assez exceptionnel, réussissant l’exploit de faire passer des ressentis et émotions qu’avec ses yeux, n’ayant que très peu de dialogues. C’est un véritable combat entre des hommes auquel on assiste dans « Joe », où les acteurs se donnent à corps et âmes dans leurs interprétations.

La caméra de David Gordon Green filme ces personnages avec une force et une timide équivalente. Dans les moments intimistes, le réalisateur sait prendre du recul, afin de mieux mettre en avant l’émotion, tandis qu’il nous livre la brutalité des protagonistes en pleine face. Il y a cette séquence sur un pont où Gary demande à Willie de le ramener en ville, lui et son père. Ce passage est filmé en recul lorsque les personnages ne font que discuter, mais c’est lorsqu’ils en viennent aux mains que David Gordon Green décide de se placer en face de cette brutalité d’une force déconcertante. Il y a presque un côté Dr. Jekyll/Mr. Hyde dans cette réalisation, à l’image de Joe qui lutte sans cesse contre sa soif de violence, son équivalent de Mr. Hyde. La musique de Jeff McIlwain ajoute un poids considérable à l’ambiance de « Joe », à l’aide de tonalités à la fois inquiétantes et discrètes, afin de mieux préparer le spectateur au choc qu’est « Joe ».

« Joe » est un long-métrage maîtrisé de bout en bout où des personnages détruisent tout ce qui les entoure pour mieux les reconstruire ensuite. Nicolas Cage retrouve l’aura de ses grands rôles d’antan, tandis que Tye Sheridon s’affirme. Un véritable choc.

Joe

Joe. De David Gordon Green. Avec Nicolas Cage, Tye Sheridan, Adriene Mishler, Ronnie Gene Blevins, Heather Kafka, Gary Poulter, Sue Rock, …

Sortie le 30 avril 2014.

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Une réflexion sur “Au cinéma : «Joe»

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