Flashback

Flashback : «Mon voisin Totoro»

Réalisé après « Le château dans le ciel », « Mon voisin Totoro » est le quatrième long-métrage du réalisateur japonais Hayao Miyazaki. Une nouvelle fois, il écrit, en plus de réaliser, le film d’animation. Sortie en 1988 au Japon, le long-métrage ne sortira que onze ans plus tard en France. « Mon voisin Totoro » sortait dans nos salles françaises le 8 décembre 1999.

Synopsis : Deux petites filles viennent s’installer avec leur père dans une grande maison à la campagne afin de se rapprocher de l’hôpital où séjourne leur mère. Elles vont découvrir l’existence de créatures merveilleuses, mais très discrètes, les totoros.

« Mon voisin Totoro » est un film aux allures de conte pour enfants mais fondamentalement plus complexe. L’intelligence du scénario est de nous faire croire à un récit mineur, notamment avec cette légèreté dans l’écriture et la présence d’une magie enfantine, pour mieux nous cacher un récit majeur. Ainsi, deux lectures sont possibles : la première reste un conte enfantin à la magie douce, tandis que la deuxième est une histoire sur l’imagination d’un enfant en plein moment d’ennui, qui rappellera l’œuvre de Lewis Carroll « Alice au pays des merveilles ». Au fond, les deux se rejoignent. Hayao Miyazaki réussi à établir un équilibre entre film pour enfant et film plus adulte, créant presque un nouveau genre qui est compréhensible et accessible à tous. On ne voit pas le temps passé devant les une heure et vingt-cinq minutes du long-métrage, qui apparaît comme une bouffée d’air frais à la fois exotique et si familier.

Les personnages de « Mon voisin Totoro » sont très intelligents dans leurs conceptions. On retrouve deux sœurs diamétralement opposées mais malgré tout, réunies par leurs âmes rêveuses. Avec elles, Hayao Miyazaki dresse le portrait d’une famille où les parents n’ont pas tellement d’importance. Ils apparaissent bien fades par rapport aux émotions des deux jeunes protagonistes. Là où Hayao Miyazaki s’avère malin, c’est qu’en n’approfondissant pas ces personnages, ils évitent au film des sous-intrigues inutiles. Le réalisateur japonais offre, à son Totoro, un aspect bien précis entre grosse boule de poil et animal aux airs absents. En faisant de Totoro un personnage muet, ce dernier devient très vite un personnage attachant, un animal de compagnie que l’on souhaiterait avoir l’été pour sauter dans le ciel et l’hiver pour se réchauffer au près d’une cheminée. Totoro est ce personnage que l’on aime sans même savoir pourquoi, une sorte de magie attractive.

À cette époque déjà, c’est incroyable de constater la modernité de l’animation. D’une beauté effarante, elle apporte ce charme incontesté à l’ensemble, sans lequel le film serait bien différent. Aidé par une bande-originale de Joe Hisaishi juste sublime à souhait, l’animation subjuguera les yeux émerveillés des spectateurs. La réalisation de Hayao Miyazaki se fait assez discrète mais c’est pour mieux nous proposer des images fortes. En effet, si le réalisateur n’essaye pas de nous impressionner avec des performances techniques de réalisation, il sait nous toucher par des images structurellement intéressantes. Il y a ce très beau plan où les jeunes sœurs et Totoro attendent sous la pluie, abrités sous des parapluies, un bus qui se fait attendre. L’image peut paraître anodine, mais elle est incroyablement esthétique et assez drôle. En réalité, « Mon Voisin Totoro » est un film très simple qui n’essaye jamais de nous épater mais plutôt de nous toucher en plein cœur.

« Mon voisin Totoro » peut paraître mineur dans la filmographie de Hayao Miyazaki, il n’en est rien. Ce long-métrage offre une magie, un envoûtement inexplicable car il fait appelle à des émotions subtiles et personnelles. L’une des merveilles du réalisateur japonais.

Mon voisin Totoro - Affiche

De Hayao Miyazaki. Avec les voix originales de Chika Sakamoto, Shigesato Itoi, Sumi Shimamoto, Tanie Kitabayashi, Hitoshi Takagi, …

Sortie en France le 8 décembre 1999.

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Une réflexion sur “Flashback : «Mon voisin Totoro»

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