Au cinéma

Au cinéma : «Gravity»

Après avoir livré « Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban » et « Les Fils de l’homme », Alfonso Cuarón nous offre son nouveau long-métrage : « Gravity ». Alfonso Cuarón écrit le scénario de ce nouveau film avec son fils, Jonás. Il n’y que deux acteurs dans ce film, en la personne de Sandra Bullock et George Clooney. Ils interprètent deux astronautes en pleine mission dans l’espace. « Gravity » débarquait dans nos salles françaises le 23 octobre 2013.

Synopsis : Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers.

Après avoir lu nombres d’éloges sur le nouveau film d’Alfonso Cuarón, je m’attendais à un film très bon … Mais le problème, c’est que « Gravity » a été encore meilleur que mes espérances. Je m’attendais à un bon film, j’ai vu un chef-d’œuvre.

Alfonso Cuarón commence « Gravity » par un plan-séquence de dix-sept minutes. Déjà que la performance est remarquable, le plan, en lui-même, relève du génie. Alfonso Cuarón utilise sa caméra comme s’il avait réellement filmé dans l’espace. Il l’a fait tourner, se retourner, avancer, ou tournoyer dans l’espace en jouant énormément sur l’apesanteur présente et qui permet des mouvements rarement vus au cinéma. Ce même plan-séquence commence par un magnifique plan d’ensemble sur la Terre puis va se rapprocher, petit à petit, au plus près du visage des personnages pour aller jusqu’au subjectif pour enfin revenir à un plan d’ensemble. Il y a un effet « yo-yo » assez impressionnant et très déboussolant pour le spectateur. Si ce premier plan est parfait de maitrise, Alfonso Cuarón soigne tout autant les autres qui vont suivre. Il place des idées, en filigrane, que le spectateur doit comprendre par lui-même grâce à ses images. Que ce soit une femme en position fœtal ou de reflet dans un hublot ou dans un casque d’astronaute, « Gravity » mérite que l’on fasse très attention à chacun de ces détails pour mieux comprendre et apprécier ce film, qui se trouve être assez muet en réalité.

Pour donner un sens à chaque image de « Gravity », Alfonso Cuarón s’appuie énormément sur le talent de ses deux acteurs. Tout d’abord, George Clooney apporte son professionnalisme et son charme incomparable. Cependant, c’est Sandra Bullock qui se retrouve au cœur du film. Elle offre tout son talent, trop souvent absent de nombreux de ses films, et va même jusqu’à surprendre. Les personnages étant en apesanteur, les acteurs ne peuvent pas compter sur leurs gestuelles pour jouer la comédie mais seulement sur leurs expressions de visages. On se retrouve aussi terrifié et perdu qu’eux. On partage leurs vues, leurs ressentis, nos cœur battent aussi fort qu’eux et cela grâce à leurs jeux d’acteurs, ainsi que l’immersion et la bande-sonore du film. On a très vite de la sympathie pour ces personnages, dès plus attachants. Alors oui, la psychologie des protagonistes n’est pas très développée, mais suffisamment pour ce film qui se veut au fond très simple.

« Gravity » est un film très simpliste, son scénario ne se veut pas révolutionnaire et tient plus du genre « survival ». On suit les rebondissements avec plaisir, sans pour autant être surpris à la manière d’un film puzzle. Là où « Gravity » est intelligent c’est qu’il se veut très simple dans le traitement de son scénario et de ses personnages pour mieux surprendre par son visuel. On se retrouve subjugué par la beauté des images que l’on découvre et qui sont affreuses de réalisme. Le film a un côté immersif qui plonge le spectateur au cœur même de l’espace. La 3D du film, complètement nécessaire, accentue davantage cette immersion dès plus envoûtante. D’ailleurs, « Gravity » pourrait presque ressembler à un huit-clos : le film se déroule dans un seul lieu, aussi grand soit-il, et l’on retrouve la pression et l’angoisse ressenti dans ces films. La dernière séquence donne à « Gravity » tout son sens. Portée par la musique de Steven Price, les dernières secondes, à la fois frissonnantes et grandioses, laissent le spectateur complètement sous le choc.

N.B. : « Gravity » n’est à aucun moment de la science-fiction.

« Gravity » est un film simple mais à la maitrise parfaite, ce qui fait de lui l’un des films majeurs de cette décennie. Une véritable expérience de cinéma.

affiche-Gravity-2013-1

Gravity. De Alfonso Cuarón. Avec Sandra Bullock, Geaorge Clooney, Ed Harris, Amy Warren et Eric Michels.

Sortie le 23 octobre 2013.

3 réflexions sur “Au cinéma : «Gravity»

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