Au cinéma

Au cinéma : «Le dernier pub avant la fin du monde»

En 2005, un film arrive sur nos écrans et sera le premier film d’une trilogie : « Shaun of the Dead ». Le deuxième volet de cette « trilogie Cornetto » (à cause de la présence d’une de ces glaces dans chaque film) arrive en 2007 avec « Hot Fuzz ». En 2013, « Le dernier pub avant la fin du monde » voit le jour, marquant le dernier volet de cette trilogie. Comme pour les précédents volets, c’est Edgar Wright qui réalise le film et retrouve devant sa caméra Simon Pegg, Nick Frost ou encore Martin Freeman. « Le dernier pub avant la fin du monde » sortait dans nos salles le 28 août 2013.

Synopsis : Le 22 juin 1990 dans la petite ville anglaise de Newton Haven : cinq adolescents au comble de l’âge ingrat fêtent la fin des cours en se lançant dans une tournée épique des pubs de la ville. Une vingtaine d’années plus tard, nos cinq mousquetaires ont tous quitté leur ville natale et sont devenus des hommes avec femme, enfants et responsabilités, à l’alarmante exception de celui qui fut un temps leur meneur, Gary King, un quarantenaire tirant exagérément sur la corde de son adolescence attardée. L’incorrigible Gary, tristement conscient du décalage qui le sépare aujourd’hui de son meilleur ami d’antan Andy, souhaite coûte que coûte réitérer l’épreuve de leur marathon alcoolisé. Malheureusement, tous ne se passent pas comme prévu …

Après avoir traité des films de zombies avec « Shaun of the Dead » et des films de policier avec « Hot Fuzz », Edgar Wright revient avec « Le dernier pub avant la fin du monde », qui traite des films apocalyptiques. Une nouvelle fois, sa collaboration avec Simon Pegg au scénario, prouve l’intelligence qu’on ces deux garçons à manier les mots et expressions, leurs offrant à chaque fois une double signification. Les noms des bars, que parcourent les cinq compères, annoncent chaque action qui va s’y dérouler, et rien que cela je trouve ça génial. Edgar Wright et Simon Pegg ne s’arrêtent pas là et jouent sans cesse avec les expressions telles que « What the fuck », abrégé pour l’occasion par « W.T.F. ». De même, ils glissent partout, et quand je dis partout c’est vraiment partout, des références et autres clins d’œil dans le film. Allant de « The Dark Knight Rises » aux films de Steven Spielberg, en passant par le « Royaume interdit » avec Jackie Chan : l’univers geek n’a jamais été aussi bien représenté dans sa globalité. Edgar Wright et Simon Pegg sont avant tout des amoureux de ces univers, cinéphile et geek, et ne se gênent pas pour ne le rappeler.

Dans la forme, « Le dernier pub avant la fin du monde » peut paraître le même que ses prédécesseurs même si cela reste toujours aussi drôle et intelligent et qu’il traite d’un autre genre. Au contraire, ce troisième opus se démarque largement des deux autres avec un atout non négligeable : une maturité. Pour une fois, Simon Pegg et Nick Frost échangent de rôle. Le premier se retrouve avec celui resté adolescent, tandis que le deuxième possède un personnage qui a grandit et qui essaye d’avoir une vie adulte. La trilogie avait commencé avec l’exact inverse dans « Shaun of the Dead », et cela paraît logique de se retrouver dans ce schéma pour conclure la « trilogie Cornetto », en plus d’offrir un renouveau. La maturité du récit et de la psychologie des personnages donnent une toute autre dimension à « Le dernier pub avant la fin du monde », réussissant à nous toucher au cœur plus d’une fois, tout en nous faisant mourir de rire la seconde d’après. Les personnages se retrouvent alors avec une quête à accomplir, tels les chevaliers de la table ronde qui sont à de nombreuses reprises référencés dans le film. Au final, on pourrait désigner ce film de « comédie-dramatique-apocalyptique » où chacun des genres se mélangent parfaitement aux autres dans un dosage très précis.

On retrouve une troisième fois, dans la « trilogie Cornetto », le duo Simon Pegg/Nick Frost. Si Nick Frost reste très sage durant une bonne partie du film, livrant une très bonne performance au passage, Simon Pegg c’est tout le contraire. Son personnage de Gary King est sûrement l’un des personnages les plus barrés, drôles et complètement fou (en plus d’être alcoolique) que j’ai pu voir au cinéma. Simon Pegg se régale à interpréter ce perpétuel adolescent, en se donnant à 200% pour ce rôle. Martin Freeman, lui aussi habitué de la « trilogie Cornetto », trouve un rôle secondaire des plus plaisant aux côtés de Paddy Considine et Eddie Marsan. Rosamund Pike se retrouve avec le seul rôle féminin du film. L’actrice, aperçue dans « Jack Reacher » avec Tom Cruise, dévoile un caractère comique qu’on ne lui connaissait pas vraiment et ajoute une certaine légèreté à l’ensemble qui est très agréable. Les présences de Pierce Brosman, Bill Nighty, Rafe Spall ou encore David Bradley, éternel Rusard, restent anecdotiques mais fort sympathiques. Au final, on retrouve un casting qui forme un ensemble homogène, où chacun trouve sa place, et où Simon Pegg se révèle comme le « King ».

En plus des nombreuses références et gimmicks présents dans les deux précédents opus, on retrouve la réalisation si singulière d’Edgar Wright. Par exemple, pour montrer des actions, il utilise toujours de gros plans courts montés très vite les uns derrière les autres. On a beau connaitre ce gimmick, cela marche toujours aussi bien. Edgar Wright se révèle aussi très bon pour filmer les scènes d’actions, dont une où le personnage de Simon Pegg, Gary King, se bat contre des aliens une pinte à la main (faisant ainsi directement un clin d’œil à la danse de l’ivrogne de Jackie Chan dans « Le Royaume interdit »). Les transitions entre les plans sont toujours les mêmes que dans ses précédents films, avec un élément qui vient cacher l’écran pour dévoiler ensuite le nouveau plan. La réalisation a beau être celle que l’on connait d’Edgar Wright depuis sa série « Spaced », elle reste toujours aussi bien pensée et permet au réalisateur de mieux se concentrer sur son récit, qui est l’élément majeur de ce nouveau film avec l’ajout de cette « nouvelle maturité », et qui permet au film de devenir bien plus qu’une parodie de genre sous influence british.

« Le dernier pub avant la fin du monde » est la conclusion parfaite de la « trilogie Cornetto ». Le film obtient un statut bien plus important que ces deux prédécesseurs, en devenant bien plus qu’une comédie. Un futur classique.

Le-Dernier-Pub-avant-la-Fin-du-Monde-Affiche-France

Le dernier pub avant la fin du monde. De Edgar Wright. Avec Simon Pegg, Nick Frost, Martin Freeman, Rosamund Pike, Paddy Considine, Eddie Marsan, …

Sortie le 28 août 2013.

Publicités

6 réflexions sur “Au cinéma : «Le dernier pub avant la fin du monde»

  1. Jolie critique 🙂
    Juste une chose qui me gène, dans les références que tu cites, tu parles du royaume interdit alors que le réal à parler de Drunken Master (Le Maitre chinois) !!!
    Une référence plus logique que le film vraiment plus que moyen que tu cites et que je t’invites à découvrir

  2. Un film sympathique, effectivement. Cela étant, on est loin du chef d’oeuvre ou du classique, les scénaristes Pegg/Wright échouant à donner de la profondeur au récit et se contentant d’aligner les lieux communs quant au background de leurs personnages principaux. De plus, tous les gags ne fonctionnent pas, la belle prestation de Pegg compense.

    J’avoue m’interroger sur cet extraordinaire engouement en France pour ce cinéaste. Ses films sont bons, pour certains, mais n’ont vraiment rien d’extraordinaire non plus…

  3. Pingback: Top & Flop 2013 : Le bilan de l’année | Ma Semaine Cinema

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s