Au cinéma

Au cinéma : «Pacific Rim»

Après « Hellboy II – Les légions d’or maudites » en 2008, Guillermo Del Toro revient cinq ans plus tard avec « Pacific Rim ». L’homme aux milles projets réalise un blockbuster estival où des robots combattent des créatures surgies des abysses de l’océan. Il s’entoure comme à son habitude de Ron Perlman mais aussi de Charlie Hunnam, collègue de Ron Perlman dans la série « Sons of Anarchy », d’Idris Elba, et de Charlie Day. « Pacific Rim » débarquait dans nos salles de cinémas le 17 juillet 2013.

Synopsis : Surgies des flots, des hordes de créatures monstrueuses venues d’ailleurs, les «Kaiju», ont déclenché une guerre qui a fait des millions de victimes et épuisé les ressources naturelles de l’humanité pendant des années. Pour les combattre, une arme d’un genre nouveau a été mise au point : de gigantesques robots, les «Jaegers», contrôlés simultanément par deux pilotes qui communiquent par télépathie grâce à une passerelle neuronale baptisée le «courant». Mais même les Jaegers semblent impuissants face aux redoutables Kaiju.

Guillermo Del Toro livre, avec « Pacific Rim », ce qui pourrait être le meilleur film de cet été 2013 ! Alors certes, on est très loin de son chef-d’œuvre « Le Labyrinthe de Pan » mais « Pacific Rim » se veut plus comme un divertissement de qualité, dont il remplit parfaitement la tâche ! Pendant deux heures et dix minutes, j’ai pris un plaisir immense devant ce film. Alors, je vais aborder un point sensible tout de suite et le régler : il n’y a aucun rapport avec les films « Transformers » de Michael Bay. Si ce dernier se contente de faire combattre des robots et de tout faire exploser, Guillermo Del Toro, même s’il fait exactement la même chose (sans les explosions à répétitions) possède un goût et un amour du genre bien prononcé qui donne un charme fou au film ! Guillermo Del Toro a pensé son film et a vraiment travaillé dessus. Il ne s’est pas contenté de faire un blockbuster estival à là va vite pour empocher l’argent, Guillermo Del Toro a voulu et réfléchi son film.

Lorsque l’on voit « Pacific Rim », il est impossible de ne pas penser aux films de monstres géants japonais appelé « kaijū eiga », tel que « Godzilla », tant ils sont évoqués. Guillermo Del Toro est un amoureux du genre, et il leur rend clairement hommage à sa manière. En plus de cela, c’est un hommage à toute la culture japonaise qu’il réalise, c’est une chose juste quand on voit à quel point cette culture est à la base du film. Entre les robots, les créatures, les différents éléments empruntés à plusieurs séries japonaises et le fait que son histoire se déroule principalement à Hong-Kong, Guillermo Del Toro a absorbé cette culture pour nourrir sa créativité. Les scènes de combats se passent toutes la nuit et rajoutent à ce film de monstres cette tension et atmosphère, qui, pourtant, ne deviendra jamais pesante ou étouffante. La photographie du film de Guillermo Navarro est aussi un atout non-négligeable du film ! Le ton orangé du film va très bien à l’atmosphère et aux scènes de nuit, les mettant complètement en valeur. Le tout est aidé par une bande-originale, de Ramin Djawadi, génialissime donnant des frissons aux spectateurs dans les moments de gloire de « Pacific Rim ». Jamais un coup de poing d’un robot géant sur une créature énorme et effrayante n’a été aussi frissonnant et jouissif, en même temps, je n’avais jamais vu une chose de cette envergure au cinéma.

(Vous aurez remarqué que je ne parle à aucun moment de la 3D. C’est simple, j’ai vu le film en 2D comme le souhaitait Guillermo Del Toro. La 3D, qui en plus est une conversion, est un choix à 100% de la Warner et en aucun cas un choix artistique de la part du réalisateur. De plus, les scènes de nuit en 3D doivent être encore plus assombris … Cela pourrait vous gâcher votre séance. Vous êtes prévenus.)

Le casting, sans être transcendant ou exceptionnel, fait le boulot et le fait bien ! Chose dont je doutais mais auquel j’ai eu tort : Charlie Hunnam possède les épaules pour se retrouver en personnage principal dans un blockbuster ! Sa relation avec Mako Mori, interprétée par Rinko Kikuchi, fonctionne bien et ne sombre jamais dans le pathos, nous évitant le baiser qui aurait été trop convenu. Idris Elba interprète un personnage aussi froid que mystérieux, qui laissera sa personnalité se dévoiler au fur et à mesure du film, tout comme le jeu de l’acteur qui évoluera de manière exceptionnelle. Charlie Day trouve un rôle aussi drôle que touchant avec ce scientifique persuadé de ses hypothèses plus loufoques les unes que les autres. Son duo avec l’autre scientifique, plus terre à terre, joué par Burn Gorman provoque les rires ici et là dans « Pacific Rim ». Quant à Ron Perlman, chouchou du réalisateur mexicain, il se retrouve avec un rôle secondaire à son image et c’est un plaisir de le voir à l’écran … et dans une scène post-générique qui vaut le coup de rester sur son fauteuil quelques minutes de plus.

Autres personnages du film : les Kaiju. Même si l’imaginaire de Guillermo Del Toro n’est pas aussi exploité qu’à son habitude, les Kaiju possèdent un bestiaire bien à eux où aucune créature ne ressemble à l’autre. De même, Guillermo Del Toro sait jouer avec le spectateur en ne filmant que certaines parties des Kaiju (les pieds, les griffes, les gueules, …) avant de nous dévoiler entièrement la créature, comme dans les grands classiques des films de monstres. Le réalisateur mexicain adore créer des monstres et avec « Pacific Rim », que ce soit les Kaiju ou les Jaeger, c’est réussi ! Le monde des humains possèdent aussi ses spécificités qui apportent au récit une complexité et un enjeu. Les connexions pour contrôler les robots sont bien pensées et cela apporte une dramaturge forte où l’un doit pouvoir compter sur l’autre sinon cela lui coutera la vie. Le côté apocalyptique du film, où la population vit terrifié et où des villes sont intégralement détruites, ajoute à ce film de science-fiction un autre enjeu : celui de la fin ou non de la Terre. Tous ces petits éléments renforcent le film et font oublier un scénario quelque peu prévisible, même si elle ne dérange jamais. Le but de Guillermo Del Toro, avec « Pacific Rim », n’est pas tant de nous surprendre avec un scénario puzzle digne de Christopher Nolan mais bien de nous divertir avec un film où la vraie surprise vient du plaisir que l’on ressent à regarder des robots et des monstres se battre.

Avec « Pacific Rim », Guillermo Del Toro livre un blockbuster dès plus efficace. Même si ce n’est pas son film le plus personnel, il n’en reste pas moins très prenant et diablement bien fait. C’est tout simplement, le blockbuster intelligent et de qualité de l’été, une chose qui se fait de plus en plus rare. «  Pacific Rim » c’est aussi l’aboutissement d’un rêve, celui d’un petit garçon qui imaginait ses figurines de robots et de monstres se battre ensemble …

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Pacific Rim. De Guillermo Del Toro. Avec Charlie Hunnam, Rinko Kikichu, Idris Elba, Charlie Day, Ron Perlman, Burn Gorman, Max Martini, Rob Kazinsky, …

Sortie le 17 juillet 2013.

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3 réflexions sur “Au cinéma : «Pacific Rim»

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