Paris Cinéma

Paris Cinéma 2013 : «Youth»

Pour son premier film, le réalisateur israélien Tom Shoval livre « Youth ». Devant sa caméra, les frères jumeaux David Cunio et Eitan Cunio jouent les personnages principaux. Le long-métrage a été présenté à la 63ème Berlinale. « Youth » sortira dans nos salles françaises le 5 mars 2014.

Synopsis : Yaki et Shaul, deux frères aux liens étranges, vivent dans une banlieue de Tel-Aviv. Alors que leur famille est menacée d’expulsion à cause de ses dettes, les deux frères décident d’enlever une jeune fille. Ils veulent demander une rançon à sa famille mais rien ne se passe comme ils l’avaient prévu …

« Youth » est un film pour le moins original. Si quelques bonnes idées sont là, le film peine à s’affirmer et manque le coche pour devenir un « bon film ». Il faut avouer que la très bonne idée du film est que les frères soient deux jumeaux. Cela crée une sorte de double d’un même personnage, chacun des deux frères possédant sa propre personnalité mais étant physiquement identique. Le plus troublant sont les plans où ils se retrouvent côte à côte et jouent les mêmes mimiques et expressions de visage. Cela renforce l’idée d’un même personnage divisé en deux corps distincts. D’ailleurs, les deux acteurs possèdent de véritables talents de comédiens, et livrent une performance très soignée.

Autre bonne idée du film : le fait que ces deux frères soient fans de films « bad-ass ». On retrouve dans leur chambre des posters de films de Nicolas Cage, de gangsters ou encore de « Expendables ». Il en est de même pour les t-shirts qui sont des produits marketing de ces films. L’un des frères est un militaire, tandis que l’autre travaille dans un cinéma où il côtoie ces films tous les jours. Tous ces éléments renforcent leur fascination pour la violence et « justifie » leur acte démesuré. D’ailleurs, la bande-annonce de « Hell Driver » passe lors d’une sortie cinéma entre père et fils au début du film. Ce film avec Nicolas Cage parle aussi d’une jeune fille kidnappée … Encore une autre « justification » de leur acte à travers ce cinéma qu’ils aiment tant.

Malgré toutes ces bonnes idées, Tom Shoval n’arrive jamais à donner toute sa force au film, la faute à une réalisation trop brouillonne. Entre thriller et drame social, le genre du film n’est pas bien identifiable et il peine à trouver son identité. La caméra de Tom Shoval semble divaguer ici et là, cherchant perpétuellement le bon angle sans véritablement le trouver ou alors que très peu, et seulement quand le cadre n’inclut que les deux frères. À aucuns moments la tension du film ne nous prend aux tripes, car le réalisateur l’a désamorce alors qu’elle commence à être présente, par une blague qui nous fait sourire. « Youth » est vraiment sur plusieurs genres différents et ce perd dans tout cela en ne trouvant jamais son identité. C’est fort dommage …

« Youth » est un film à l’histoire originale mais au traitement trop brouillon. Cela aurait peut être été plus efficace en court-métrage. En même temps, ce n’est que le premier film de ce jeune réalisateur Israélien, il apprendra sans doute de ses erreurs pour son deuxième film.

Youth - Affiche

Youth. De Tom Shoval. Avec David Cunio, Eitan Cunio, Moshe Ivgy, Shirili Deshe, Gita Amely, Uri Hochman, Alexander Peleg, …

Sortie le 5 mars 2014

Ce film a été vu dans le cadre de la sélection officielle du Festival Paris Cinéma de 2013.

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3 réflexions sur “Paris Cinéma 2013 : «Youth»

  1. Pingback: Paris Cinéma 2013 : Journal de bord n°1 | Ma Semaine Cinema

  2. « dans un cinéma où il côtoie ces films tous les jours. Tous ces éléments renforcent leur fascination pour la violence et « justifie » leur acte démesuré. D’ailleurs, la bande-annonce de « Hell Driver » passe lors d’une sortie cinéma entre père et fils au début du film. Ce film avec Nicolas Cage parle aussi d’une jeune fille kidnappée … Encore une autre « justification » de leur acte à travers ce cinéma qu’ils aiment tant. » ~~> Rien que pour ça, je boycotterai ce film. ça me rappelle ces mauvais journalistes qui justifient des actes de violence / criminels par le fait que leurs auteurs jouaient à des jeux vidéo ou regardaient des films d’horreur. Je trouve que c’est encore plus triste et ridicule quand c’est un cinéaste qui utilise cette théorie fumeuse pour un scénario…

    • Ce n’est pas dit clairement dans le film, mais moi, je l’interprète comme ça ! En même temps, le réalisateur insiste beaucoup sur ces éléments … Mais je suis d’accord avec toi, c’est dommage d’en arriver là.

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