Au cinéma

Au cinéma : « Cloud Atlas »

En 2009, Tom Tykwer se dit intéressé d’adapter au grand écran le roman de David Mitchell « Cartographie des nuages ». Ce sont Lana et Andy Wachowski qui possèdent les droits du livre. En 2011, les Wachowski annoncent qu’ils réaliseront le film à trois, avec Tom Tykwer. Le casting du film est juste monumentale réunissant Tom Hanks, Halle Berry, Ben Whishaw, Hugo Weaving, Susan Sarandon, Hugh Grant ou encore Jim Sturgess. Le film sortit dans nos salles françaises le 13 mars 2013.

Synopsis : À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement. Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié.

Grandiose. « Grandiose » est le seul mot que j’ai pu prononcer en sortant de la séance de « Cloud Atlas ». C’est la claque que je n’ai pas vu venir. D’abord une claque technique car tout, absolument tout, est maîtrisé de A à Z. Les Wachowski et Tykwer ont un véritable sens de la narration. Certains de leurs collègues peinent à nous intéresser à une histoire et eux arrivent à faire vivre, à la fois indépendamment et à la fois en parfaite cohabitation, six histoires différentes. De plus, le montage est extrêmement précis et fait vivre ces histoires d’une façon extraordinaire. Alors qu’un téléphone sonne dans une époque, le plan suivant contient une personne qui décroche un téléphone dans une autre époque, et c’est comme cela durant tout le film ! Les histoires cohabitent, en plus d’un point de vue narratif, avec le montage du film. Ce même montage se révèle très malin puisque qu’il alterne les époques de façon à ce qu’à aucun moment l’on ne s’ennuie et il arrive à ne jamais nous perdre alors que le récit n’est pas le plus simple au monde. Cependant, le film mérite plusieurs visionnages pour être totalement compris. La photographie du film est encore une fois sublime, nous offrant de véritables moments d’émerveillements pour les yeux, surtout dans l’époque futuriste de 2144 où leurs génies atteignent des sommets. Là où la narration du film est très forte aussi, c’est dans sa capacité à intervertir les genres. À un moment nous sommes dans un film d’époque victorienne, puis dans un film futuriste, puis post-apocalyptique, pour revenir à une comédie … et ainsi de suite. Les Wachowski et Tykwer nous prouvent leur talent en réussissant un double exploit : celui de réaliser un film composé de genre complètement différent et celui de les faire exister ensemble.

Toutes ces époques sont liées à des personnages, non pardon, à des âmes. Les acteurs présents au casting jouent plusieurs personnages dans les différentes époques. Ces personnages n’ont pas forcément un lien de parenté, loin de là, mais sont en réalité habités par la même âme. Le film ne parle que de cela, le fait que notre âme se réincarne lorsque notre corps meurt et que nos actes passés et présents auront un impact direct sur notre futur. On est très loin de la psychologie de comptoir ou de celle trop intellectuelle, le film reste à tout moment accessible à toute personne voulant bien se creuser un minimum la cervelle. Là encore, c’est un pari réussi ! Justement, les acteurs se sont retrouvés face à un gros défi : interpréter plusieurs personnages à différentes époques, et ils s’en sortent tous très bien ! Tom Hanks et Halle Berry trouvent leur plus beau rôle depuis une décennie, Hugh Grant est excellent à contre emploi, Hugo Weaving joue toujours aussi bien les méchants (même en fille), Ben Whishaw confirme tout le bien que je pensais de lui, Jim Broadbent me fait toujours autant rire et Jim Sturgess s’impose comme une révélation ! Oui, je me suis quelque peu emporté mais ce casting m’a laissé sans voix, face à cette capacité d’acteur-caméléon. Le maquillage doit être, lui aussi, applaudit ! Les acteurs sont grimés afin de pouvoir jouer des rôles de sexes opposés ou d’âges différents et cela ne choque jamais. Le maquillage va même jusqu’à nous avoir complètement au point d’être dans l’incapacité de reconnaître l’acteur ou l’actrice.

En plus de réaliser une partie du film, Tom Tykwer signe, avec Johnny Klimek et Reinhold Heil, la musique de « Cloud Atlas », qui est à l’image du film : un vrai bijou ! Impossible de se défaire des notes du sextet portant le nom du film, crée par le personnage Robert Frobisher et joué par Ben Whishaw, après la séance. La musique résonne dans ma tête encore … et encore. Je ne m’attarde pas sur l’histoire et les différents rebondissements, de peur de vous perdre et de vous faire perdre la surprise lors du visionnage, mais sachez juste que le rythme du film est extrêmement soutenu et que même si vous n’allez pas tout comprendre au début, tout ceci va s’éclairer peu à peu. Pendant deux heures et cinquante minutes, l’ennui ne m’a pas gagné une seule fois. Nous pourrons nous vanter, dans quelques années, d’avoir été voir ce chef-d’œuvre au cinéma.

Les Wachowski, aidé de Tykwer, nous livre leur film le plus abouti et psychologique. On ne dira plus « les réalisateurs de Matrix » mais « les réalisateurs de Cloud Atlas ».

Cloud Atlas

Cloud Atlas. De Lana Wachowski, Andy Wachowski et Tom Tykwer. Avec Tom Hanks, Halle Berry, Jim Sturgess, Ben Whishaw, Susan Sarandon, Hugh Grant, Hugo Weaving, Jim Broadbent, Doona Bae, James d’Arcy, …

Sortie le 13 février 2013.

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15 réflexions sur “Au cinéma : « Cloud Atlas »

  1. J’aime bien ta conclusion. Si je peux me permettre un petit conseil, essaie d’organiser un peu plus ta critique, en plusieurs paragraphes. Ca facilitera la lecture et fera moins « gros bloc » qui pourrait rebuter. Mais j’ai hâte de le voir, héhé !

  2. J’ai du mal à dire que ce film est un chef d’oeuvre dans la mesure où je n’ai pas compris grand chose en le voyant.
    Mais j’ai pris du plaisir et je le reverrai sans doute pour essayer de démêler tout ça.

  3. Très bonne critique où tu passe du temps à décrire chaque acteur, chose très bien puisqu’ils sont tous excellents. Un chef d’œuvre immanquable et qui frôle de peu la perfection !

  4. Maintenant que j’ai lu cette critique, je pense que je ne vais pas tarder à aller le voir. Tu m’as convaincue !

  5. J’ai passé une bonne partie du film à m’interroger, à me demander où tous ces changements d’époque voulaient en venir. Je crois que c est le premier film où je dois attendre la scène finale pour me rendre compte à quel point il est profond et intéressant. Certes les quasi 3h passent vite mais le cerveau fume pas mal pendant tout ce temps!Si je peux, j essaierai de le revoir pour m’éclairer sur quelques détails 🙂

  6. Ce film n’est pas un chef-d’oeuvre c’est LE CHEF-D’ŒUVRE (parmi les chefs-d’œuvre), PUTAIN ! mais quelle claque dans la gueule je me suis prise, ça fait une semaine que je l’ai vu, revu et re-revu, je n’arrive pas à m’en remettre, c’est plus qu’un film, comme le disent certains c’est une nouvelle expérience, une sorte de manuel philosophico-scientifique cinématographique, un films qui englobe quantité de théories philosophiques et scientifiques, la théorie du chao / effet papillon, l’interdépendance universelle, la réincarnation / le karma, c’est juste GRANDIOSE, ça surpasse de très très les plus beaux films qu’il m’avait été donné de voir jusqu’à présent. PUR BONHEUR. Pour ceux qui capteraient toute l’intelligence et la subtilité de ce film, attention. on en ressort pas indemne.

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  9. Si j’ai quelques amis très proches qui essayent de me convaincre que 2001 l’odyssée de l’espace est indétronable, je trouve que ce Cloud Atlas remplit très bien cette fonction ( Oui je compare l’incomparable ^^). Et je suis entièrement d’accord avec ce qui est dit dans cette critique, le film est aussi bien un chef d’oeuvre qu’une leçon de cinéma sur le montage parallèle en une phrase le film se résume à « Qu’est-ce qu’un océan, si ce n’est qu’une multitude de gouttes d’eau ? » Enfin, tout ça pour dire à la fois un ensemble de genres et indémodables, Cloud Atlas sait surprendre et donne un tour de force au cinéma à gros budget.

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