Au cinéma

Au cinéma : « Spring Breakers »

Harmony Korine est un scénariste et réalisateur de films. Après une série de court-métrages, il nous livre ce mois-ci : « Spring Breakers ». Au casting figurent James Franco, Ashley Benson Vanessa Hudgens et Selena Gomez. Ces deux dernières cassent ici leurs images de poupées Disney en jouant des jeunes filles dévergondées, ayant soif d’alcool, de drogue et partie en tout genre. « Spring Breakers » arrivait dans nos salles le 6 mars 2013.

Synopsis : Pour financer leur Spring Break, quatre filles aussi fauchées que sexy décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… Lors d’une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. En bikini et avec une gueule de bois d’enfer, elles se retrouvent devant le juge, mais contre toute attente leur caution est payée par Alien, un malfrat local qui les prend sous son aile …

« Spring Breakers » est, pour moi, un film sans intérêt. Harmony Korine découpe son film en trois parties distinctes : la première avant le Spring Break, la deuxième pendant le Spring Break, et la troisième faisant suite aux évènements de la précédente partie. Le début du film aurait du me prévenir. Des images de Spring Break nous sont montrées à la manière du dernier clip du rappeur à la mode, puis Harmony Korine nous dépayse en nous plaçant dans le patelin des quatre « héroïnes ». Là, on découvre trois « bitches » accompagnées d’une autre des leurs, mais qui elle est très religieuse, Faith. L’ennui nous gagne vite, les minutes défilent sans que rien ne se passe à l’écran. Le seul point positif de cette partie est la manière de filmer le braquage, que les filles organisent pour pourvoir partir en Floride. Harmony Korine le filme du point de vue de la voiture qui les attend dehors, nous livrant l’image privée des bruits et sons. Même si cela n’est pas nouveau, il le fait bien.

La suite du récit n’est qu’alcool, drogues et sexes à la manière d’un « Projet X » version Floride. Jusqu’au moment où les personnages principaux rencontrent Alien, joué par un James Franco déchaîné, qui va les prendre sous son aile. C’est alors que débute la troisième partie en mode gangsta à deux dollars. Les actrices ne sont, pour la moitié, là que pour leurs plastiques et au final c’est le personnage de Faith, joué par Selena Gomez, qui est le plus intéressant. Ce personnage religieux (Faith signifiant « foi » en anglais) part en quelque sorte en pèlerinage au Spring Break afin de se découvrir, mais va perdre cette foi. Le rêve n’était qu’illusion et le film s’en retourne sur elle au profit de ses camarades. Dommage, le personnage le plus construit disparaît vite du film.

Le véritable problème avec « Spring Breakers », c’est qu’à aucun moment on a un intérêt quelconque pour ce qui se passe à l’écran. Le film déambule ici et là, proposant des choses assez intéressantes d’ailleurs (le passage sur la musique de Britney Spears « Eveytime »), mais cela ne dure que quelques minutes jusqu’à ce que l’ennui réapparaisse … Le fait que l’on voit plusieurs fois les mêmes images n’aide en rien. Sans les flash-back inutiles et les images que l’on nous ressorts, le film ne durerait qu’une petite heure. Un sentiment de redite s’installe au fur et à mesure que le film avance, jusqu’à une certaine overdose. Le film est immoral de bout en bout mais quand on se veut immorale il faut qu’une certaine réflexion ou logique soit présente. Hors, ce film est immorale pour être immorale, représentant une génération à laquelle je ne me suis pas identifié. Pour le coup, la fin nous laisse sur notre faim. « Spring Breakers » ce finit tel un rêve que l’on n’aurait pas fini. La déambulation a pris fin.

« Spring Break » est un film sur des « bitches » parties en pèlerinage dans le lieu sacré de l’alcool, de la drogue et du sexe. On les suit dans leur chemin de croix sans un intérêt profond mais plus par défaut car l’on s’est fait avoir en achetant sa place.

affiche-du-film-spring-breakers

Spring Breakers. De Harmony Korine. Avec James Franco, Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Ashley Benson, Rachel Korine, Heather Morris, …

Sortie le 6 mars 2013.

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9 réflexions sur “Au cinéma : « Spring Breakers »

  1. Pas vraiment d’accord avec toi. Tout n’est effectivement pas bon et je me suis ennuyé dans la partie centrale du film. Mais pour moi c’est un anti-« Projet X », justement parce qu’il y a du fond derrière. Tu peux le trouver immoral ou à l’inverse le voir comme un témoignage d’une jeunesse à la dérive. Korine ne certes prend pas partie, il dresse plus un constat. Mais il ne fait pas l’apologie du trash et de la violence, en témoignent les personnages de Faith puis de Cotty. Par ailleurs il place son film dans une sorte d’irréalité, tout en rendant la violence assez choquante (voir justement la séq sur Everytime) pour ne pas la banaliser. Si tu veux en savoir plus sur mon avis : http://le-monde-de-squizzz.fr/2013/03/08/teenage-nightmare/

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