Au cinéma

Au cinéma : «Les Misérables»

En 1980, une comédie musicale basée sur « Les Misérables » de Victor Hugo voit le jour sous la mise en scène de Robert Hossein. Une version anglaise vît le jour, et la comédie musicale va atteindre un record de longévité. Après avoir été oscarisé pour « Le discours d’un roi », Tom Hooper hérite de la réalisation de l’adaptation de cette comédie musicale. « Les Misérables » sortait dans nos salles le 13 février 2013.

Synopsis : Dans la France du 19e siècle, une histoire poignante de rêves brisés, d’amour malheureux, de passion, de sacrifice et de rédemption : l’affirmation intemporelle de la force inépuisable de l’âme humaine. Quand Jean Valjean promet à Fantine de sauver sa fille Cosette du destin tragique dont elle est elle-même victime, la vie du forçat et de la gamine va en être changée à tout jamais.

Avant toute chose, je ne parlerais pas dans cette critique des différences entre ce film et le livre de Victor Hugo, étant donné que l’adaptation cinématographique de la comédie musicale n’y est pour rien. Cela étant dit, je peux donc vous parler du film en lui-même. « Les Misérables » s’annonçait comme une fresque épique de plus de deux heures où les chansons se marieraient à la beauté des images. En tout cas, c’est comme cela que c’était écrit sur le papier car en réalité on ne ressent, durant le film, que son extrême longueur de plus de deux heures. Je n’ai pas cessé de regarder ma montre pour savoir quand le calvaire serait enfin finit, car en allant voir « Les Misérables », vous allez vous infliger deux heures et trente minutes de chansons, non-stop. Vous allez me dire que c’est un peu normal pour une comédie romantique, oui en effet mais là même les « bonjour » ou les « merci » sont chantés. Du coup comme tout est chanté, lorsqu’arrivent les véritables chansons, elles ne gagnent pas en intensité car elles se perdent dans ce flot de paroles chantées. Voilà, le gros problème avec « Les Misérables », c’est que les chansons n’ont pas l’envergure qu’elles méritent.

La réalisation de Tom Hooper ne fait que minimiser encore plus ces chansons. Le réalisateur britannique n’a filmé son film qu’en gros plan. Alors oui, par moment c’est justifié pour amplifier l’émotion des acteurs, mais par moments j’avais juste envie qu’il recule sa caméra et nous filme un plan large digne du film. Certaines scènes se déroulent dans un décor extérieur avec une foule, et Tom Hooper ne nous filme que des gros plans des comédiens. À croire qu’il ne veut pas nous faire frissonner. Alors que j’écris ma critique, j’écoute la BO du film et là, surprise, les musiques prennent une toute autre ampleur. Cela ne fait que confirmer ma pensée sur la réalisation du film qui, en rendant le film intimiste, l’ampute de son côté spectaculaire qui lui manque cruellement.

Cependant quelques passages méritent le coup d’œil, notamment le passage chanté de « I dreamed a dream » par Anne Hathaway. S’il n’y avait qu’une actrice à retenir, ce serait-elle. D’ailleurs, dans ce passage, la réalisation intimiste a tout son sens ! Le reste du casting est correct mais jamais transcendant, que ce soit Hugh Jackman, Eddie Redmayne, ou Amanda Seyfried. Helena Bonham Carter et Sacha Baron Cohen ajoutent une touche comique au film, mais quelle déception de les revoir dans des jeux d’acteurs similaires à ceux de « Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street » de Tim Burton. En plus d’acteurs confirmés, ce film possède aussi des comédiens de la comédie musicale comme Samantha Barks dans le rôle d’Éponine. Retenez bien ce nom car ce ne m’étonnerait pas qu’on la revoit très vite au cinéma, une vraie révélation. Quant au prix du comédien qui joue dans « Les Misérables » mais qui aurait mieux fait de foirer son audition afin de nous épargner ses chants, revient à … (roulements de tambour) … Russell Crowe. Le comédien cabotine et nous offre un piètre Javert. De plus sa voix est insupportable à entendre lors des chants. Mais il faut avouer que les comédiens se sont livrés à une contrainte de taille : leurs voix étaient enregistrées sur le plateau de tournage. Il n’y a pas eu de réenregistrement en post-production, ce qui est tout à leur honneur. Il a fallu attendre les deux dernières minutes du film pour qu’il prenne toute la splendeur qu’il mérite et par la même occasion me faire frissonner !

Au final, « Les Misérables » a un potentiel énorme mais qui n’ai jamais exploité, notamment à cause de la réalisation trop intimiste et du fait que le film soit chanté de tout son long. Quelques passages relèvent le niveau mais ne suffisent à sauver le film, qui au fur et à mesure qu’il avance devient de plus en plus misérable. C’est le mot.

Les Misérables

Les Misérables. De Tom Hooper. Avec Hugh Jackman, Anne Hathaway, Russell Crowe, Eddie Redmayne, Amanda Seyfried, Helena Bonham Carter, Sacha Baron Cohen, …

Sortie le 13 février 2013.

2 réflexions sur “Au cinéma : «Les Misérables»

  1. Entièrement d’accord avec toi sur la réalisation. Le film aurait mérité un meilleur traitement sur ce point ce qui aurait peut être allégé la critique française qui a été un peu dure je trouve … Concernant Russel Crowe, je l’ai trouvé plutôt convaincant pour ma part. Par contre, Anne Hathaway (que je vénère au plus haut point) est juste remarquable malgré son peu de présence à l’écran et n’a pas volé son oscar ! Globalement j’ai trouvé le film loin d’être catastrophique mais c’est sûr qu’il n’est pas non plus super !

  2. Pingback: Top & Flop 2013 : Le bilan de l’année | Ma Semaine Cinema

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